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Quel est le bon cheval de TREC ? Les qualités indispensables

Quel est le bon cheval de TREC ? Les qualités indispensables

Dans mon précédent article, je vous ai présenté le TREC, cette discipline équestre de pleine nature qui me tient particulièrement à cœur.

Si vous l’avez manqué, je vous invite à commencer par découvrir Le TREC : une discipline complète entre randonnée, technique et complicité – ABC du Cheval avant de poursuivre ici.

Car une fois que l’on a compris ce qu’on demande à un couple en TREC, une question arrive assez naturellement :

Quel est le meilleur cheval pour faire du TREC ?

La réponse risque de décevoir ceux qui cherchent une race, une robe ou une taille précise.

Il n’existe pas de cheval de TREC idéal.

En revanche, il existe des qualités qui rendent certains chevaux particulièrement à l’aise dans cette discipline.

Et après avoir, pendant de nombreuses années, recherché, acheté, préparé, entraîné, entretenu et valorisé des chevaux et poneys destinés au TREC, j’ai forcément développé une petite idée de ce que je recherche !

Un bon cheval de TREC, c’est d’abord un bon partenaire

C’est probablement la première chose que je regarderais aujourd’hui.

Le TREC ne demande pas seulement un cheval capable de sauter, de galoper ou de marcher longtemps.

Il faut un cheval capable de réfléchir avec son cavalier.

Un cheval de TREC doit pouvoir passer d’une carte à un gué, d’un chemin forestier à un exercice de maniabilité, d’un départ au galop à une difficulté inhabituelle… sans perdre complètement ses moyens.

La discipline met en effet à contribution le couple dans trois domaines complémentaires : orientation et gestion de l’effort avec le POR, contrôle des allures avec la MA, et adaptation aux difficultés avec le PTV.

Cela permet déjà de comprendre pourquoi certaines qualités sont particulièrement précieuses.

Je distinguerais deux catégories :

  1. les qualités relativement peu modifiables, dont il faut tenir compte au moment de choisir son cheval ;
  2. les qualités qui peuvent se construire, grâce à l’éducation, l’entraînement et l’expérience.

Et cette distinction est essentielle.

On peut apprendre énormément de choses à un cheval.

Mais on ne transforme pas complètement son tempérament, sa morphologie ou ses allures.

1. La taille : un critère de confort plus que de performance

Personnellement, j’ai toujours eu une préférence pour les grands poneys et les petits chevaux, autour de 1,45 m à 1,55 m.

Pourquoi ?

Pour une raison toute simple :

le confort !

Lorsque l’on passe plusieurs heures dehors, que l’on doit parfois descendre, remonter, marcher à côté de son cheval, franchir une difficulté ou passer sous la végétation, quelques centimètres peuvent finir par compter.

Et puis, soyons honnêtes : dans certaines forêts, je préfère éviter d’avoir constamment les branches à hauteur du visage !

Mais cela reste une préférence personnelle.

La taille n’est absolument pas une garantie de qualité en TREC.

J’ai notamment eu un excellent poney C, Twist, qui m’a démontré à maintes reprises qu’un petit gabarit pouvait parfaitement rivaliser avec des chevaux beaucoup plus grands.

La bonne question n’est donc pas :

« Quelle taille doit faire un cheval de TREC ? »

Mais plutôt :

« Quelle taille est adaptée au cavalier, au cheval et à l’utilisation envisagée ? »

Pour une pratique intensive, le confort du couple sur plusieurs heures est à prendre en compte.

2. L’âge : privilégier la maturité et la progressivité

L’âge est un critère beaucoup plus délicat qu’il n’y paraît.

On entend encore régulièrement des affirmations très tranchées sur l’âge auquel un cheval serait « adulte ».

En réalité, la maturation physique varie selon les individus et selon les structures anatomiques. Il faut donc éviter de résumer la croissance du cheval à un âge couperet.

Pour le TREC, je préfère raisonner autrement.

Un jeune cheval peut découvrir progressivement l’extérieur et apprendre les bases de la discipline.

Mais il serait absurde de lui demander trop tôt les mêmes efforts qu’à un cheval adulte, entraîné et expérimenté.

Le TREC peut représenter plusieurs heures d’effort, parfois sur des terrains variés et avec des difficultés techniques.

La progression doit donc être adaptée :

  • à l’âge ;
  • à la condition physique ;
  • à la locomotion ;
  • au niveau d’entraînement ;
  • à l’expérience ;
  • à la capacité de récupération ;
  • et surtout à l’état de santé du cheval.

Le cheval expérimenté possède un avantage énorme

Un cheval d’âge mûr, habitué à l’extérieur et correctement entraîné peut être un formidable cheval de TREC.

Il connaît les chemins.

Il a vu des situations différentes.

Il sait franchir un gué.

Il ne panique pas forcément devant une passerelle.

Il connaît son effort.

Et surtout, il connaît son métier.

Il n’est donc pas rare de voir des chevaux expérimentés continuer à prendre beaucoup de plaisir en TREC alors qu’ils ont dépassé depuis longtemps l’âge auquel certains les considéreraient comme des « chevaux de compétition ».

La longévité sportive dépend évidemment de la santé, de la génétique, de la gestion de l’entraînement, de l’alimentation, des soins et du mode de vie.

Et puis il y a les exceptions.

Twist, encore lui, m’a offert à 26 ans une galopade mémorable sur un PTV, allant jusqu’à m’embarquer — malgré moi ! — sur des troncs d’environ 1,10 m.

Mais il reste… une exception ! 😄

3. Le caractère : le mental avant le spectaculaire

Pour moi, c’est probablement l’un des critères les plus importants.

Si je devais choisir entre :

  • un cheval extraordinaire mais compliqué ;
  • et un cheval moins spectaculaire mais fiable, volontaire et généreux ;

je réfléchirais très sérieusement au second.

Le TREC demande de sortir de sa zone de confort.

Le cheval va rencontrer des situations inhabituelles.

Il peut être seul.

Il peut devoir quitter ses copains.

Il peut rencontrer un passage étroit, un gué, une passerelle, un objet étrange, une difficulté qu’il n’a encore jamais vue.

Il faut donc rechercher autant que possible un cheval :

franc, calme, courageux, volontaire et curieux.

Attention toutefois à ne pas confondre calme et éteint.

Personnellement, je préfère largement un cheval qui a envie de jouer et de participer, quitte à devoir canaliser son énergie, plutôt qu’un cheval complètement blasé qu’il faudra constamment pousser.

Le bon tempérament, c’est pour moi :

de l’énergie disponible, mais avec un cerveau.

Et si, en plus, le cheval possède une bonne capacité à rester concentré sur son cavalier malgré la présence d’autres chevaux, c’est évidemment un énorme avantage.

4. La solidité physique : un cheval fait pour durer

Le TREC est une discipline d’endurance relative, de maniabilité et d’adaptation.

Le cheval doit pouvoir répéter les efforts sans être constamment mis en difficulté par sa morphologie.

Je rechercherais donc un cheval :

  • correctement construit ;
  • avec une ossature cohérente avec son gabarit ;
  • avec de bons aplombs ;
  • avec un dos fonctionnel ;
  • avec des pieds sains ;
  • avec une locomotion régulière ;
  • et surtout sans défaut physique susceptible d’être aggravé par le travail.

Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut rechercher un cheval « parfait ».

Le cheval parfait n’existe pas.

Il s’agit plutôt de se demander :

« Cette morphologie est-elle compatible avec les efforts que je vais lui demander ? »

C’est une question beaucoup plus intelligente.

5. Les allures : le pas avant tout !

Et voici probablement mon critère numéro 1.

Le pas.

Oui, oui : le pas.

Pas le galop spectaculaire.

Pas le saut impressionnant.

Pas la jolie allure de présentation.

Le pas.

Un bon cheval de TREC doit avoir un pas actif, ample, régulier et confortable.

Pourquoi ?

Parce que le pas est omniprésent dans le travail d’extérieur.

Il permet de parcourir de grandes distances avec une dépense énergétique relativement modérée.

Un cheval qui sait marcher efficacement peut couvrir du terrain sans gaspiller inutilement son énergie.

Et lorsque l’on passe des heures dehors, cela devient primordial.

Ce que je recherche dans un bon pas

Je veux un cheval qui :

  • marche réellement ;
  • engage suffisamment ;
  • couvre du terrain ;
  • reste décontracté ;
  • conserve une cadence régulière ;
  • ne précipite pas ;
  • ne traîne pas ;
  • et peut augmenter son amplitude sans perdre son équilibre.

Un pas actif n’est pas un pas précipité.

C’est toute la différence.

Le meilleur cheval de randonnée n’est pas celui qui marche vite en courant derrière ses antérieurs : c’est celui qui couvre du terrain sans gaspiller son énergie.

Et c’est précisément ce que la Maîtrise des Allures permet aussi de travailler et d’évaluer en TREC.

6. La capacité à galoper doucement

Le TREC demande également un cheval capable de maîtriser son galop.

Voir également

Dans la Maîtrise des Allures, le principe est notamment de réaliser le galop le plus lent possible dans un couloir, sans rupture d’allure ni sortie du couloir, selon les modalités du niveau concerné.

Cela demande de l’équilibre et du contrôle.

Un cheval qui sait ralentir sans se désunir, sans tomber dans le trot et sans se déséquilibrer possède une qualité particulièrement intéressante pour l’extérieur.

Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, cela ne signifie pas avoir un cheval « mou ».

Au contraire.

Il faut un cheval suffisamment énergique pour répondre immédiatement à la demande, mais suffisamment équilibré pour contenir cette énergie.

7. L’intelligence et la capacité d’apprentissage

Voilà une qualité moins facile à mesurer lors d’un achat… mais tellement précieuse.

Un bon cheval de TREC doit apprendre.

Il doit pouvoir comprendre que :

« Ce truc bizarre devant moi n’est pas forcément dangereux. »

Et que :

« Si mon humain me demande de passer, je peux lui faire confiance. »

Bien entendu, cela ne dispense absolument pas le cavalier de préparer son cheval correctement.

On ne jette pas un cheval inexpérimenté sur une passerelle ou dans un gué en espérant qu’il « comprenne ».

On lui apprend progressivement.

Mais certains chevaux ont une formidable capacité à analyser les situations, à prendre confiance et à généraliser leurs apprentissages.

Ce sont de véritables perles pour le TREC.

Ce que l’on peut apprendre à un cheval de TREC

Et c’est là que la bonne nouvelle arrive.

Toutes les qualités d’un cheval de TREC ne sont pas innées.

On peut énormément travailler :

  • la désensibilisation ;
  • le calme ;
  • la maniabilité ;
  • la réponse aux aides ;
  • le travail à pied ;
  • les franchissements ;
  • l’équilibre ;
  • la régularité des allures ;
  • l’obéissance ;
  • la confiance ;
  • l’autonomie ;
  • la condition physique ;
  • l’habitude de l’extérieur.

On peut également apprendre au cheval à mieux gérer son effort.

Et surtout, on peut construire progressivement la confiance du couple.

C’est probablement la partie la plus passionnante.

Parce qu’un bon cheval de TREC n’est pas seulement « fabriqué » par ses qualités naturelles.

Il est aussi construit par des kilomètres, des expériences positives et une relation de confiance avec son cavalier.

Et les défauts à éviter ?

Je me méfierais particulièrement d’un cheval :

  • très anxieux ;
  • extrêmement grégaire ;
  • difficile à concentrer ;
  • physiquement fragile ;
  • présentant des problèmes locomoteurs incompatibles avec le travail envisagé ;
  • incapable de récupérer correctement ;
  • ou dont le tempérament ne correspond simplement pas au cavalier.

Mais attention à une chose :

un défaut n’est pas forcément rédhibitoire.

Un cheval un peu regardant peut devenir très fiable.

Un cheval énergique peut devenir extraordinaire avec un cavalier capable de canaliser son énergie.

Un cheval qui manque d’expérience peut progresser énormément.

En revanche, certaines incompatibilités sont beaucoup plus difficiles à résoudre.

Et c’est pourquoi le choix du couple cavalier-cheval est tellement important.

Alors, quel est le cheval de TREC idéal ?

Après toutes ces années, je ne chercherais toujours pas une race particulière.

Je chercherais plutôt :

un cheval sain, volontaire, courageux, intelligent, maniable, avec un bon mental, une locomotion correcte et surtout un excellent pas.

Un cheval qui aime sortir.

Un cheval qui accepte de réfléchir.

Un cheval qui vous fait confiance.

Et un cheval avec lequel vous avez envie de repartir pour plusieurs kilomètres lorsque vous venez juste de rentrer.

Parce que finalement, c’est peut-être cela, le meilleur indicateur d’un bon cheval de TREC.

Et le vôtre, il est comment ?

A-t-il un pas extraordinaire ?

Est-il plutôt courageux… ou regardant ?

Adore-t-il les gués ?

Déteste-t-il les passerelles ?

Est-il du genre à tout analyser avant de franchir, ou à foncer tête baissée ?

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