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Interview de M. Patrick Perreau, dentiste équin

Interview de M. Patrick Perreau, dentiste équin

Interview de M. Perreau, dentiste équin

Image film dentiste équin

Retranscription

Claire : Bonjour, aujourd’hui je vais vous présenter le métier de dentiste équin. Quand on a un cheval, appeler le dentiste et veiller à la santé de la bouche de son cheval est indispensable. Pour cela j’ai donné rendez-vous à M.Patrick Perreau, dentiste équin à l’Ecole d’Equitation de la Forêt à Andilly, depuis plus de 25 ans.

M. Perreau a d’abord commencé sa carrière en tant qu’instructeur ; il a ensuite été cavalier national en concours complet et en dressage, et comme il était très important pour lui d’avoir un bon contact avec la bouche, naturellement, il est venu à la dentisterie équine.

Claire : Bonjour M. Perreau, vous venez aujourd’hui pour visiter les écuries de l’Ecole d’Equitation de la Forêt à Andilly pour voir les chevaux et les poneys. Vous êtes dentiste équin.

M.Perreau : Voilà, effectivement, dentiste équin depuis 20-25 ans et ça fait également 20-25 ans que je viens à l’Ecole d’Equitation de la Forêt suivre les chevaux tous les ans. Et les soigner au niveau des bouches et des dents.

Claire : D’accord. alors comment sait-on que l’on doit appeler le dentiste ?

M.Perreau : Déjà, un entretien annuel est vivement recommandé. C’est ce qui est pratiqué ici et dans de nombreux centres. Deuxièmement le handicap vient surtout pour les chevaux qui sont pas du tout ou très peu entretenus au niveau des bouches, au niveau des dents. Vous avez des comportements déjà montés, des défenses qui se présentent et qu’on ne comprend pas toujours. Vous avez dans le box des attitudes, des chevaux qui mangent moins bien, des chevaux qui recrachent un petit peu de foin, qui font des boules, des boulettes alimentaires. Tout ça conclu qu’il y a peut être quelque chose au niveau des dents, quelque chose qui ne va pas, qui est à faire.

Claire : D’accord, est-ce que les chevaux ont des caries, est-ce qu’ils ont des dents de sagesse ? Comment c’est fait la bouche d’un cheval ?

M. Perreau : La bouche d’un cheval est déjà composé de 40 dents, ce qui est quand même un nombre conséquent. Il y a 12 incisives, 4 canines, chez les mâles exclusivement, puis vous avez 12 pré-molaires et 12 molaires. Il n’y a que les pré-molaires et les incisives qui sont renouvelées. Les molaires sont des dents définitives, ainsi que les crochets.

Claire : Renouvelées, c’est comme chez l’humain ? Il y a une dent de lait et une dent d’adulte ?

M. Perreau : C’est tout à fait ça. Et à 5 ans, on dit que le cheval a une bouche définitivement faite. C’est à dire qu’il n’y a plus de dents de lait et les dents adultes sont en place.

Claire : D’accord.

M. Perreau : Voilà ça c’est déjà une chose. Deuxièmement, il faut savoir que les dents d’un cheval sont très importantes. La racine est très importante. Et elles peuvent effectivement, malheureusement, tomber malade, ça arrive comme pour nous. La dent peut se noircir, se carier et malheureusement on n’a pas les soins comme pour nous, des plombages ou des choses comme ça. Et dans les cas extrêmes il faut supprimer, extraire la dent. C’est toujours une intervention dure, pénible, longue.

Claire : D’accord. J’ai souvent entendu parlé des surdents et des dents de loup. C’est quoi ces phénomènes ?

M.Perreau : Alors les surdents c’est caractéristique sur le cheval. Il faut savoir qu’un cheval a une poussée dentaire permanente. Contrairement à nous, une fois qu’on a une dent fixe, elle ne bouge plus. Le cheval c’est une pousse continue. Cette pousse continue forme des pointes, causées par une mauvaise usure de la dent. Cette mauvaise usure, ces surdents, ces pointes, ce n’est pas une dent qui pousse à côté d’une autre, c’est tout simplement un dent qui a poussée et qui a mal été usées. Et ces surdents c’est sur tous les chevaux, quoi qu’on en dise. La plupart du temps elles sont diagonalisées. C’est à dire qu’on a des pointes côté joue en haut, en maxillaire. Et en bas, côté langue les mandibulaires où on retrouve des gênes qui sont plus ou moins importantes.

Claire : Et donc celles-là on va les râper en fait ?

M.Perreau : Alors voilà on va les râper et supprimer toute ces pointes pointues, épaisses, gênantes, toujours importantes. Il faut se dire qu’en moyenne une dent pousse d’environ 0,3 à 0,7 millimètres par an.

Claire : D’accord, et alors la dent de loup, c’est une dent supplémentaire ? 

M.Perreau : Alors oui, c’est effectivement ce qu’on appelle une sur-numéraire on peut même dire une sur-numéraire parasitaire car se sont des petites dents qui troublent surtout plus l’action du mord, l’action du cavalier, plus qu’une douleur que le cheval peut avoir par cette dent. Cette « sur-numéraire », « dent de loup » est placée en avant des pré-molaires sur la maxillaire et ces dents sont relativement gênantes surtout lorsque le mord vient taper dessus, taper sur ces dents qui les fragilisent.

Claire : Et donc, ces dents on les enlèvent tout simplement ? 

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M.Perreau : Voilà, on les enlèvent et puis on en parle plus, il n’y a pas de dent de lait de ce côté là, et une fois que c’est parti, c’est parti.

Claire : D’accord, très bien, maintenant on va se mettre à la pratique et aller voir avec le premier cheval pour les soins. 

M.Perreau : Avec plaisir !

Claire : Alors dites-nous quel matériel vous utilisez pour traiter les dents des chevaux.

M.Perreau : Alors écoutez, le matériel il est en deux temps on va dire, mécanique et électrique. Alors vous avez bien sûr un licol, il faut qu’il puisse être très ouvert, que la bouche ne soit pas gênée dans son ouverture. Et puis des râpes assez longues, assez fortes également, qui permettent d’aller bien au fond de bouche et de râper entre autres toutes ces surdents.
Vous avez donc un matériel électrique, ce matériel électrique est assez bien élaboré parce-qu’il est sécurisé, sécurisé c’est-à-dire que c’est une petite plaque tournante qui est en diamantée et qui permet si vous voulez d’agir exclusivement sur le « dur » et non pas sur tout ce qui est muqueuses : joues, langues, auquel cas le cheval ne peut pas être blessé par ce matériel. Autrement, on a bien sûr des daviers, des gouges, des petits daviers pour supprimer entre autres les sur-numéraires, les dents de lait qui ne veulent pas tomber, les dents de loup. On a également des petites poires pour nettoyer la bouche une fois qu’on a supprimé la dent.

Ensuite on a si vous voulez deux éléments clés dans notre travail. Premièrement c’est ce qu’on appelle le pas-d’âne, c’est un ouvre-bouche qui date de très longtemps, qui est adapté aux chevaux et aux poneys. Et au départ pourquoi ça s’appelle un pas-d’âne ? Parce-que dans le temps on prenait le pied, la corne totale d’un âne pour maintenir et ouvrir la bouche d’un cheval. Une fois que l’acier est arrivé, ça a été remplacé et au départ ça s’appelait même un pied d’âne car c’était effectivement le pied d’un âne et petit à petit ça c’est appelé un pas-d’âne. Donc c’est un des éléments que j’utilise, et vous avez un deuxième système pour ouvrir la bouche, ce qu’on appelle tout simplement l’ouvre-bouche alors qui lui prend sur les incisives inférieures et supérieures et par un système de grand maintien ouvre et maintien la bouche ouverte, voilà.

Claire : Dans quel cas on va utiliser plutôt l’un que l’autre ? 

M.Perreau : Ca c’est une question je dirais de comportement de chevaux, j’ai remarqué au fur et à mesure des années, que le pas-d’âne classique est un ouvre-bouche très bien accepté par les chevaux qui les décontractent. Parfois j’utilise bien sûr l’autre ouvre-bouche mais on a parfois des résistances qui sont plus réelles.

Claire : D’accord. 

Claire : J’espère que cette vidéo vous aura plu et à très bientôt.

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