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La dentition du cheval : tout ce qu’il faut savoir pour préserver sa santé

La dentition du cheval : tout ce qu’il faut savoir pour préserver sa santé

dentition

La santé bucco-dentaire peut être sous-estimée chez le cheval. Pourtant, une mauvaise dentition peut avoir des conséquences importantes sur son alimentation, sa digestion, son confort, ses performances sportives et même son comportement.

Les dents du cheval poussent pratiquement toute sa vie. Sans suivi régulier par un dentiste équin, des anomalies apparaissent progressivement et peuvent devenir douloureuses.

Découvrez comment évolue la dentition du cheval, pourquoi un contrôle annuel est indispensable et quels sont les signes qui doivent vous alerter.

Anatomie de la dentition du cheval

Chez le cheval adulte, la dentition comprend généralement :

  • 40 dents chez l’étalon et le hongre
  • 36 dents chez la majorité des juments, qui ne développent généralement pas les quatre crochets (canines).

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Cette différence est normale et n’a aucune incidence sur la mastication.

La bouche du cheval est composée :

  • d’incisives servant à couper l’herbe ;
  • de prémolaires et molaires destinées au broyage des aliments ;
  • de crochets (canines), essentiellement présents chez les mâles ;
  • parfois de dents de loup, petites prémolaires vestigiales pouvant provoquer une gêne avec le mors.

On peut voir sur ce schéma l’évolution de la mâchoire au cours des années :

Evolution des dents du cheval

 

Comment évolue la dentition du cheval ?

De la naissance à 5 ans

À la naissance, le poulain possède peu ou pas de dents visibles.

L’évolution est rapide :

  • première semaine : apparition des incisives de lait ;
  • entre 6 mois et 2 ans : sortie progressive des autres dents de lait ;
  • entre 2 ans et demi et 5 ans : remplacement des dents de lait par les dents définitives.

Vers 5 ans, le cheval possède normalement sa dentition adulte complète.

Cette période est particulièrement importante car de nombreuses anomalies peuvent apparaître lors de la mise en place des dents permanentes.

Après 5 ans

Contrairement à l’Homme, les dents du cheval continuent de sortir progressivement de leur alvéole.

On parle de dents hypsodontes.

Chaque année, elles poussent en moyenne 2 à 4 mm, compensant leur usure naturelle liée à la mastication.

Cette particularité explique pourquoi un entretien régulier est indispensable.

Après 15 ans : le cheval senior

Avec l’âge :

  • les dents deviennent plus courtes ;
  • leur angle change progressivement ;
  • certaines peuvent se déchausser ou tomber ;
  • la mastication devient moins efficace.

Chez les chevaux âgés, un suivi dentaire permet d’adapter l’alimentation et de prévenir la perte d’état.

Pourquoi les chevaux développent-ils des surdents ?

La mâchoire supérieure du cheval est environ 30 % plus large que la mâchoire inférieure.

Les surfaces dentaires ne se recouvrent donc jamais parfaitement.

Résultat :

certaines zones ne s’usent pas suffisamment et forment des pointes d’émail, plus communément appelées surdents.

Dans la nature, une alimentation riche en fibres et une mastication de nombreuses heures limitent leur apparition.

En revanche, les chevaux domestiques consomment :

  • des fourrages souvent plus tendres ;
  • des concentrés ;
  • une alimentation moins variée.

L’usure est donc moins homogène, favorisant les anomalies dentaires.

Pourquoi faire intervenir un dentiste équin ?

Le dentiste équin réalise un bilan complet de la bouche du cheval.

Son objectif est de :

  • détecter les anomalies avant qu’elles ne deviennent douloureuses ;
  • améliorer la mastication ;
  • préserver les performances sportives ;
  • limiter les troubles digestifs.

Aujourd’hui, les recommandations sont les suivantes :

  • jeunes chevaux (2 à 5 ans) : contrôle tous les 6 à 12 mois ;
  • chevaux adultes : une visite annuelle ;
  • chevaux seniors (plus de 15 ans) : parfois deux visites par an selon leur état dentaire.

Comment se déroule une consultation de dentisterie équine ?

Une séance dure généralement entre 20 et 45 minutes.

Le praticien commence par recueillir plusieurs informations :

  • âge ;
  • discipline pratiquée ;
  • alimentation ;
  • comportement monté ;
  • antécédents dentaires.

Il réalise ensuite :

  • un examen extérieur de la tête ;
  • une palpation ;
  • la mise en place d’un écarteur buccal ;
  • une inspection complète des dents à l’aide d’une lampe et parfois d’un miroir ou d’une caméra.

Si nécessaire, il procède ensuite au traitement.

Selon les cas, celui-ci peut comprendre :

  • le nivellement des surdents ;
  • la réduction de crochets ou rampes ;
  • le retrait des dents de loup lorsqu’elles provoquent une gêne ;
  • le détartrage ;
  • le traitement de certaines anomalies de mastication.

Les problèmes dentaires les plus fréquents chez le cheval

Les surdents

C’est l’anomalie la plus fréquente.

Ces pointes dentaires blessent parfois les joues ou la langue, rendant la mastication douloureuse.

Les dents de loup

Présentes chez certains chevaux, elles sont situées juste devant les premières prémolaires.

Lorsqu’un mors vient appuyer dessus, elles peuvent provoquer :

  • douleurs ;
  • défenses ;
  • difficultés à prendre le contact.

Leur extraction est souvent recommandée chez les chevaux de sport.

Les crochets et rampes

Ces excroissances empêchent les mouvements normaux de la mâchoire.

Le cheval mastique moins efficacement et peut présenter des tensions musculaires importantes.

Voir également

Les diastèmes

Les espaces anormaux entre deux dents retiennent les fibres alimentaires.

Ils favorisent :

  • les infections ;
  • les inflammations gingivales ;
  • les douleurs chroniques.

Le tartre

Le tartre touche principalement :

  • les incisives ;
  • les crochets.

En quantité importante, il peut provoquer une inflammation des gencives et favoriser certaines infections.

         Quels sont les signes d’un problème dentaire ?

Certains symptômes doivent alerter :

  • perte d’état malgré une alimentation correcte ;
  • boulettes de foin (quidding) retrouvées au sol ;
  • mauvaise haleine ;
  • hypersalivation ;
  • difficultés à mâcher ;
  • aliments qui tombent de la bouche ;
  • résistance au mors ;
  • mouvements de tête ;
  • difficultés à tourner d’un côté ;
  • refus du contact ;
  • baisse des performances ;
  • coliques à répétition.

Plus ces signes sont détectés tôt, plus les soins sont simples.

Les conséquences d’une mauvaise dentition

Une bouche douloureuse ne se limite pas à un problème local.

Les répercussions concernent l’ensemble de l’organisme.

Sur l’alimentation

Le cheval mastique moins longtemps.

Les aliments sont moins broyés et moins imprégnés de salive, ce qui diminue la qualité de la digestion.

Sur la digestion

Une mastication insuffisante augmente le risque de :

  • bouchons œsophagiens ;
  • coliques ;
  • mauvaise valorisation alimentaire ;
  • amaigrissement.

Sur les performances sportives

La douleur buccale entraîne souvent :

  • une difficulté à céder dans la bouche ;
  • un cheval qui s’appuie ou se défend contre le mors ;
  • des contractions des muscles de l’encolure ;
  • une diminution de l’engagement des postérieurs ;
  • une perte de souplesse du dos.

Un simple problème dentaire peut parfois être à l’origine d’une baisse de performance ou de comportements inhabituels au travail.

À quelle fréquence faut-il faire contrôler les dents d’un cheval ?

Même en l’absence de symptômes, un examen dentaire est recommandé :

Âge du cheval Fréquence conseillée
Poulain selon les recommandations du vétérinaire ou du dentiste équin
2 à 5 ans tous les 6 à 12 mois
5 à 15 ans une fois par an
Plus de 15 ans une à deux fois par an

La prévention reste la meilleure façon d’éviter des traitements plus lourds et d’assurer le bien-être du cheval.

FAQ – Les questions les plus fréquentes

Comment savoir si mon cheval a mal aux dents ?

Les signes les plus fréquents sont une difficulté à mâcher, une perte d’état, des défenses avec le mors, une mauvaise haleine, des coliques répétées ou encore des boulettes de foin retrouvées dans le box.

Est-ce que les dents du cheval poussent toute sa vie ?

Oui. Les dents du cheval sont dites hypsodontes : elles continuent à sortir progressivement de leur alvéole afin de compenser leur usure naturelle.

À quel âge faut-il faire la première visite dentaire ?

Un premier contrôle est conseillé dès le jeune âge, notamment lors du remplacement des dents de lait, afin de détecter précocement toute anomalie.

Un cheval sans mors a-t-il besoin d’un dentiste ?

Oui. Les soins dentaires ne concernent pas uniquement les chevaux montés. Une bonne dentition est indispensable pour une mastication efficace, une digestion optimale et le confort général du cheval.

En résumé

La dentition du cheval évolue tout au long de sa vie. Parce que ses dents poussent continuellement, un suivi régulier est indispensable pour prévenir les douleurs, améliorer la mastication et préserver sa santé générale. Une visite annuelle chez un dentiste équin permet de détecter les anomalies avant qu’elles n’entraînent des répercussions sur la digestion, le comportement ou les performances. Un cheval qui mange bien, mastique correctement et travaille sans douleur est avant tout un cheval dont la bouche est suivie avec attention.

 

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