Les courses de plat : le guide complet pour tout comprendre
Laurence est une passionnée de chevaux en tout genre, allez…
Assister à une réunion sur un hippodrome est un vrai plaisir… à condition d’en connaître les codes. Du départ dans les stalles aux grandes courses de groupe, en passant par les paris et le vocabulaire du turf, voici tout ce qu’il faut savoir pour profiter pleinement du spectacle des courses de plat.
Le départ
Dans la grande majorité des cas, les chevaux s’élancent depuis les stalles de départ. Chaque partant se voit attribuer sa place au moment de la déclaration des partants, par tirage au sort : ce sont les places « à la corde ». Le cheval qui part de la stalle n°1 s’élance le plus près de la lice, à l’intérieur de la piste. Attention : en France, le numéro de la place à la corde et le numéro du cheval (celui du programme et de la casaque) ne coïncident pas forcément.
Sur certains hippodromes, le départ se donne « aux élastiques ». Les chevaux patientent alors, regroupés, derrière des bandes élastiques tendues dans la largeur de la piste. Dès qu’elles se relèvent, la course est lancée.
Le départ est supervisé par le starter, qui veille à ce que tous les partants s’élancent dans des conditions équitables. En cas d’incident, il peut invalider un départ.
Les distances de course
La distance est la caractéristique première d’une course, et elle varie beaucoup : une épreuve de plat peut se courir de 800 mètres à un peu plus de 4 000 mètres. On classe d’ailleurs les chevaux selon la distance qui leur réussit le mieux.
| Distance | Catégorie | Profil du cheval |
|---|---|---|
| 800 à 1 400 m | Sprinters | Vitesse pure, explosivité |
| 1 600 m (le mile) à 1 800 m | Milers | Vitesse et un peu de tenue |
| 2 000 à 2 400 m | Distances intermédiaires | Équilibre vitesse / endurance |
| Au-delà de 2 800 m | Stayers | Tenue et endurance |
2 400 mètres reste la distance classique de référence, celle du Prix de l’Arc de Triomphe. Les courses réservées aux 2 ans se disputent généralement sur 1 400 ou 1 600 m, et au maximum sur 2 000 m en fin de saison. À partir de 3 ans, toutes les distances deviennent envisageables selon les aptitudes de chaque cheval.
Les catégories de courses
Les courses à conditions
Ce sont les plus fréquentes. Chez les chevaux d’âge (4 ans et plus), elles s’échelonnent des courses de classe G, les moins relevées, aux courses de classe A, les plus disputées. Chez les 2 et 3 ans, on parle plutôt de Classe 2 et Classe 1. Dans cette même famille figurent les courses d’inédits (pour les chevaux n’ayant jamais couru) et les Maiden (pour ceux n’ayant encore jamais gagné).
Les courses à black-type
Elles regroupent les Listed Races et les épreuves de groupe III, II et I, ces dernières étant le sommet de la hiérarchie. Les chevaux qui y terminent parmi les premiers décrochent du « black-type », véritable label de qualité imprimé en gras dans les catalogues de vente. C’est un atout majeur au moment des ventes comme à l’élevage, puisque l’un des objectifs des courses est de sélectionner les meilleurs reproducteurs de la race pur-sang.
Les handicaps
Chaque cheval reçoit une valeur handicap qui détermine le poids qu’il portera. Au départ, les meilleurs partants sont ainsi plus lourdement chargés que les chevaux moins bien cotés : l’idée est d’égaliser les chances de tous. Résultat : des arrivées souvent très serrées, et des courses réputées ouvertes… donc particulièrement prisées des parieurs.
Les réclamers
Leur particularité : chaque cheval au départ est à vendre. À l’issue de la course, il est possible de déposer un bulletin de réclamation, et le plus offrant repart avec le cheval. Ces épreuves permettent souvent à de jeunes chevaux de se jauger dans un cadre où les valeurs sont proches.
Les types de piste
En France, l’essentiel des courses de plat se dispute sur le gazon. Selon la météo et l’arrosage éventuel, le terrain va généralement de « bon » (ferme, propice aux courses rapides) à « lourd » (détrempé, peu favorable aux grosses remontées dans la dernière ligne droite). On parle aussi de terrain « souple », « collant » ou « très souple » pour décrire les états intermédiaires.
On court également sur piste en sable fibré (PSF). Praticable en toutes saisons — même quand le gel ou la pluie rendent le gazon impraticable — elle offre l’avantage de la régularité, même si son état peut lui aussi varier légèrement.
Enfin, aux États-Unis notamment, on trouve le dirt. Ce mélange de sable et d’argile forme une piste très ferme, réservée aux chevaux spécialistes. Peu d’Européens s’y risquent, habitués qu’ils sont à des surfaces plus souples.
Qui fait quoi ? Les acteurs de la course
Derrière chaque cheval au départ, c’est toute une équipe qui s’active :
- Le propriétaire : il possède le cheval et lui donne son identité visuelle, la casaque — ces couleurs distinctives que porte le jockey et qui sont déposées et enregistrées.
- L’entraîneur : il prépare le cheval au quotidien, choisit son programme de courses et affine sa condition pour qu’il arrive au départ au sommet de sa forme.
- Le jockey : cavalier professionnel, il doit respecter un poids imposé et fait la différence dans la conduite de course et le sprint final. Chez les apprentis, une décharge de poids compense leur manque d’expérience.
- Le lad ou la lass : ils s’occupent des chevaux à l’écurie, les montent au travail chaque matin et les accompagnent le jour de la course.
- Le cheval : en plat, il s’agit presque exclusivement de pur-sang, une race sélectionnée depuis le XVIIᵉ siècle pour la vitesse.
Les grandes courses françaises à ne pas manquer
Le galop français est rythmé par un calendrier de prestige, organisé par France Galop. Voici les rendez-vous incontournables de la saison de plat.
Le printemps des classiques (3 ans)
Les classiques sont les plus grandes courses réservées aux 3 ans, pensées pour désigner les futurs champions reproducteurs :
- Les Poules d’Essai (des Poulains et des Pouliches), disputées début mai à ParisLongchamp sur 1 600 mètres. Elles réclament à la fois vitesse et un début de tenue.
- Le Prix du Jockey Club et le Prix de Diane, courus un mois plus tard à Chantilly sur 2 100 mètres — l’un pour les mâles et femelles, l’autre réservé aux pouliches.
- Le Grand Prix de Paris, troisième acte de la saison classique, disputé à ParisLongchamp le 14 juillet sur 2 400 mètres, véritable test de tenue avant d’affronter les aînés.
Le meeting d’été de Deauville
Au mois d’août, l’hippodrome normand concentre l’un des programmes les plus intenses de l’année, avec des épreuves mondialement réputées comme le Prix Jacques Le Marois (sur le mile) ou le Prix Morny, premier grand championnat des 2 ans.
Le Prix de l’Arc de Triomphe
C’est le sommet absolu de la saison : le premier week-end d’octobre, à ParisLongchamp, sur 2 400 mètres, les meilleurs 3 ans et plus du monde entier s’affrontent. Souvent qualifié de « championnat du monde du pur-sang », l’Arc reste la victoire la plus convoitée de toutes.
Les principaux hippodromes de plat en France
- ParisLongchamp : l’écrin des plus grandes courses parisiennes, dont le Prix de l’Arc de Triomphe.
- Chantilly : cadre magnifique au pied du château, théâtre du Jockey Club et du Prix de Diane.
- Deauville : la référence de l’été, avec du gazon et une piste en sable fibré très active toute l’année.
- Saint-Cloud : dominant l’ouest parisien, il accueille notamment le Grand Prix de Saint-Cloud.
À ces grands rendez-vous s’ajoute un maillage de hippodromes régionaux (Cagnes-sur-Mer, Pornichet, Marseille, Lyon, Toulouse…) qui font vivre les courses partout en France, sur gazon comme sur PSF.
Parier sur les courses de plat
Impossible de parler de courses sans évoquer les paris, indissociables de leur histoire. En France, ils reposent sur le principe du pari mutuel : vous ne jouez pas contre un bookmaker, mais contre les autres parieurs. Toutes les mises sont regroupées dans une cagnotte commune, puis redistribuées aux gagnants après prélèvements. La cote d’un cheval n’est donc pas fixée à l’avance : elle dépend uniquement des sommes misées, et se fige au moment du départ.
Les paris simples
- Simple Gagnant : vous misez sur le cheval qui va gagner. Le pari le plus lisible.
- Simple Placé : votre cheval doit terminer dans les trois premiers (dans les deux premiers s’il y a entre 4 et 7 partants). Gains plus modestes, mais bien plus faciles à décrocher.
Les paris à plusieurs chevaux
- Couplé (gagnant ou placé) : trouver deux chevaux à l’arrivée.
- Trio : les trois premiers dans le désordre.
- Tiercé, Quarté+, Quinté+ : trouver respectivement les 3, 4 ou 5 premiers, dans l’ordre ou le désordre. Le Quinté+ est l’événement quotidien du turf, avec les gains les plus élevés — et la difficulté qui va avec.
- Multi et 2 sur 4 : des formules combinées qui laissent davantage de souplesse sur l’ordre d’arrivée.
Jouer, mais avec mesure. Parier doit rester un plaisir. Fixez-vous un budget, ne cherchez jamais à « vous refaire », et gardez en tête qu’aucune méthode ne garantit un gain : une course reste, par nature, imprévisible. Les paris sont réservés aux personnes majeures.
Petit lexique du turf
- Allocation : somme totale répartie entre les premiers d’une course.
- Casaque : la veste aux couleurs du propriétaire portée par le jockey.
- Corde : la position de départ, comptée à partir de la lice (côté intérieur).
- Cravache : l’accessoire du jockey, dont l’usage est aujourd’hui strictement encadré.
- Engagement : l’inscription d’un cheval à une course.
- Lice : la barrière qui délimite l’intérieur de la piste.
- Meeting : une série de journées de courses regroupées sur un même hippodrome.
- Partant : un cheval effectivement au départ (par opposition à un cheval « non-partant »).
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le plat et l’obstacle ?Le plat se court sur une piste sans obstacle, à la seule force de la vitesse et de la tenue. L’obstacle (haies et steeple-chase) ajoute des sauts, avec des chevaux et des profils très différents.Quelle est la distance « classique » en plat ?2 400 mètres, la distance du Prix de l’Arc de Triomphe et du Grand Prix de Paris, considérée comme le grand test d’un pur-sang complet.Pourquoi les chevaux ne portent-ils pas tous le même poids ?Dans les handicaps, le poids est ajusté selon la valeur de chaque cheval pour égaliser les chances. Dans les autres courses, le poids dépend surtout de l’âge, du sexe et parfois de la décharge accordée aux apprentis.Comment débuter dans les paris ?Le Simple Gagnant et le Simple Placé sont les plus accessibles pour se familiariser avec les rapports et le fonctionnement, avant d’aborder les paris à plusieurs chevaux.
Vous voilà paré pour votre première journée à l’hippodrome. Il ne reste plus qu’à choisir votre course, repérer votre favori… et savourer le frisson de la dernière ligne droite.


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Laurence est une passionnée de chevaux en tout genre, allez on l'avoue un petit (hum très gros !) faible pour les chevaux arabes. Amatrice de découvertes diverses et variées, elle vous les livre et vous raconte ses derniers coups de coeur ou de gueule.





