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La Maladie de Lyme : comment ne pas passer à côté !

La Maladie de Lyme : comment ne pas passer à côté !

La maladie de Lyme est une affection liée à la bactérie « Borrelia burgdorferi » : on parle également de borréliose. Transmis par l’intermédiaire de tiques, cet agent infectieux engendre une maladie polymorphe chez le cheval, mais également chez l’homme. L’expression clinique de l’infection étant très variable d’un individu à un autre, la borréliose est souvent identifiée de façon tardive. Pourtant, la prise en charge précoce facilite la guérison et limite le risque de complications.

La borréliose de Lyme se manifeste par des signes articulaires, neurologiques ou dermatologiques. Chez l’homme, la maladie peut évoluer de manière chronique et devenir particulièrement invalidante. Elle peut néanmoins altérer l’état général de l’animal et entraîner des symptômes articulaires, nerveux et ophtalmiques.

Transmise par les tiques :

La bactérie à l’origine de la maladie de Lyme est inoculée dans l’organisme du cheval suite à une morsure par des tiques.  Le repas sanguin doit durer au minimum 24 heures pour transmettre l’agent infectieux. Les humains peuvent également être infectés. La présence de la maladie sur le territoire français se superpose à celle du vecteur : ces tiques sont particulièrement répandues dans certaines zones géographiques, notamment en Alsace,

Limousin, Lorraine, Centre et Île-de-France ainsi que le Sud-ouest. Seules les zones situées à une altitude supérieure à 1 500 mètres et une bande côtière près de la Méditerranée semblent pour l’instant épargnées. La maladie affecte toutes les races de chevaux. Les races rustiques, plus exposées aux tiques, en raison de leur mode de vie, sont plus fréquemment atteintes. En effet, l’habitat naturel des tiques étant essentiellement représenté par les zones de forêt, sous-bois et broussailles, les chevaux vivant au contact de ces lieux et pratiquant des activités en extérieur sont plus exposés au risque de contamination. Les chevaux vivant en pâture et les chevaux de randonnée sont, par conséquent, des catégories à risque.

 

Des organes « sensibles » :

Une fois dans l’organisme, la bactérie Borrelia burgdorferi est transportée dans le sang et les tissus lymphatiques. Elle aurait une prédilection pour certains organes, tels que les articulations, le système nerveux, les yeux et le cœur. L’infection engendre une réponse immunitaire marquée. Les chevaux infectés peuvent présenter des signes de fièvre et de fatigue, souffrir de douleurs articulaires, de fourbure, de boiterie ou de myosite. Une perte de poids, des signes oculaires et neurologiques peuvent également être observés. Il faut néanmoins garder à l’esprit que chez le cheval, les manifestations articulaires sont les plus fréquentes. Elles entraînent une boiterie chronique intermittente pouvant affecter un ou plusieurs membres, de façon concomitante ou successive. La palpation des articulations révèle une douleur, une chaleur et un gonflement souvent associé à un œdème du membre. En l’absence de traitement, ces arthrites peuvent durer plusieurs mois entrecoupés de périodes de rémission. Le pronostic sportif est alors défavorable du fait de l’alté- ration irréversible de la locomotion.

Un diagnostic délicat :

Le diagnostic de la maladie de Lyme est difficile à établir pour deux raisons : il n’existe pas de signe clinique spécifique et les outils de diagnostic sont limités. Il convient de procéder à l’élimination d’autres affections incluses dans le diagnostic différentiel : arthrite, ostéochondrose, myopathie, etc. La présence de tiques dans la région où vit le cheval permet également de renforcer la suspicion. Une sérologie positive en présence de signes cliniques, avec, si possible, une cinétique d’anticorps permet de préciser le diagnostic. De même, une réponse positive au traitement est une bonne indication de suspicion, mais sans toutefois permettre de confirmer le diagnostic avec certitude. L’identification de B. burgdorferi par culture classique ou par amplification génique à partir de sang ou d’urine permet d’établir le diagnostic de certitude. Il existe cependant des risques de faux négatifs : en effet, la recherche dans le sang n’est valable que lors de phase aiguë ou de symptômes systémiques. En pratique, la culture de la bactérie est difficile, car elle est présente en très faible quantité dans le sang et dans les tissus et la technique par PCR (Polymérase Chain Reaction) n’est pas toujours disponible. De plus, la culture est très longue (deux mois).

Identifier la maladie :

Actuellement, il reste encore difficile de diagnostiquer avec certitude une borréliose.

Les tests à la disposition du vétérinaire présentent en effet de nombreuses limites :

–  Tests sérologiques : ils recherchent la présence d’anticorps contre la bactérie dans le sang du cheval. Un test positif indique seulement que le cheval a été en contact avec Borrelia burgdorferi. Les sérologies se réalisent grâce à une prise de sang sur tube sec et le délai de réponse est de 48 à 72 heures.

–  Les tests de mise en évidence directe de la bactérie : on recherche directement la bactérie après une mise en culture.

Ces tests sont difficiles à mettre en œuvre et le délai pour les résultats est particulièrement long …

Antibiothérapie nécessaire :

Chez le cheval, le traitement repose sur l’administration d’un antibiotique (généralement tétracyclineou doxycycline) permettant d’éliminer la bactérie de l’organisme du cheval. Un traitement anti-inflammatoire est souvent associé à l’antibiothérapie afin d’améliorer le confort du cheval (douleurs articulaires notamment). Le traitement doit permettre une amélioration de l’état général et des symptômes au bout de quelques jours. Il est néanmoins nécessaire de poursuivre l’antibiothérapie durant plusieurs semaines afin de permettre la guérison du cheval tout en limitant les complications (arthrites chroniques). Les rechutes sont fréquentes si la durée du traitement est insuffisante.

Lutter contre les tiques :

Actuellement, aucun vaccin n’est disponible chez le cheval. La prophylaxie sanitaire est difficile à mettre en œuvre. Elle repose sur une destruction des vecteurs (tiques), soit fixés sur le cheval, soit dans l’environnement (débroussaillage, ramassage des feuilles, etc.). L’accès aux écuries par d’autres animaux domestiques, notamment les chiens et les chats, susceptibles d’héberger des tiques, doit être limité voire interdit, à moins qu’ils ne soient protégés. La protection des chevaux contre les tiques est difficile. L’utilisation de substances destinées à détruire ou repousser les tiques sur le cheval est possible mais leur durée d’action est souvent courte. Des applications répétées sont nécessaires, notamment à cause de la sudation chez les chevaux au travail et après de fortes pluies pour les chevaux au pâturage. La recherche et l’élimination des tiques dans le pelage restent le meilleur moyen de prévenir la maladie. Il faut en effet que la tique soit attachée depuis 24 à 72 heures pour que B. burgdorferi soit transmis à l’hôte. Ainsi, plus tôt la tique sera retirée, moins de chances elle aura de transmettre la bactérie, d’où l’intérêt d’un pansage fréquent et minutieux. La tique accrochée doit être saisie, aussi près de la peau que possible à l’aide d’une pince spé- cialement prévue à cet usage. Après l’extraction, il faut laver à l’eau savonneuse l’endroit de la morsure et tuer la tique par immersion dans l’alcool.

Un tableau clinique varié :

La majorité des chevaux contaminés par des tiques porteuses de B. Burgdorferi ne présenteront pas de signe clinique : on parle de maladie asymptomatique. Seuls 10 à 15% des chevaux vont présenter une symptomatologie détectable. La maladie peut alors se manifester par :

  • fièvre modérée ;
  • fatigue, léthargie ;
  • hyperesthésie (exacerbation de la perception des sensations tactiles ou douloureuses) ; t douleurs articulaires, boiterie,raideur ;
  • œdème des membres et des parties déclives (ventre, fourreau) ;
  • perte de poids ;
  • modification du comportement.
  • troubles neurologiques ;
  • panuvéite (inflammation oculaire).

 

A propos de l'auteur

1 commentaire

  1. Nathalie

    Bonjour et je découvre le blog , et c’est tout simplement génial et tellement rassurant de voir qu’on est pas seule face aux problèmes que nous posent nos “loulous”.
    Merci à Gaëlle et à Claire pour votre travail d’informations équines : c’est génial !

    Réponse

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