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Voulez vous vraiment apprendre à monter à cheval ?

Voulez vous vraiment apprendre à monter à cheval ?

Je vous pose cette question car j’ai essayé et après des années à m’être fourvoyée j’ai finalement compris que c’était inutile…

J’ai essayé les centres équestres, les écuries et mêmes les écoles d’équitation ! Des moniteurs diplômés, des jeunes et des moins jeunes et dans plusieurs disciplines.

Mais visiblement je ne suis vraiment pas douée…

Comme ces mêmes moniteurs me l’ont exprimés avec plus ou moins de tact, commencer adulte n’est pas toujours facile… Mais avec de l’archarnement, des heures en selle et des heures de cours à tourner en rond autour d’un moniteur dubitatif, ça allait bien finir par rentrer…

Combien de temps ? combien d’effort ? jusqu’à quel point mon cheval et moi devions souffrir ?

Car le pauvre, il devait supporter des séances quotidiennes de torture avec un cavalier pas en place qui ne progressait vraiment pas vite, suivait les mêmes conseils et donc arrivaient aux mêmes résultats…

A ces questions, je n’avais bien sûr pas de réponse…Il fallait persévérer… continuer à prendre des cours, continuer à monter, continuer, continuer, continuer… mais pour aller où ?

Certains, plus lucides que moi (mon mari par exemple) ont vite mis fin à cette mascarade d’un « ça fait un an que je tourne en rond et je ne suis toujours pas autonome et à l’aise, c’est n’importe quoi ! J’arrête !… ».

Lui, moniteur de plongée, enseignant par passion (car bénévole comme la plupart des moniteurs de plongée) trouvait juste hallucinant qu’il y ait si peu d’évolution pour autant d’effort fourni… Et ayant fait l’effort pour essayer de comprendre pourquoi sa femme lui cassait les pieds avec ses chevaux à longueur de temps, n’était jamais contente, toujours courbatue et abattue, il a abandonné ce monde de torturés et qui tournent en rond (à tous les sens du terme)…

J’ai même acheté mon propre cheval, en me disant que j’apprendrais mieux avec lui… Et pour couronner le tout, j’avais vraiment pas choisi le bon (cheval)… il était même « anti-équitation » aux dires de mon enseignante… J’avais vraiment pas mis toutes les chances de mon côté…

Finalement je trouvais que le cheval c’était pas si génial … enfin à moins d’être maso et de trouver du plaisir à se faire souffrir et à dépenser des fortunes pour très peu de satisfaction…

Mais il m’a fallu du temps… et un cheval… pour m’ouvrir les yeux… Tout s’est arrêté.
Et je suis sortie de cette roue.
La roue de la médiocrité.
J’ai posé un regard d’abord de colère puis finalement de tristesse.

Et le schéma global a pris plus de sens : les clubs, les moniteurs, la fédé, les clients, tout cet éco-système qui survit de ce qu’ils appellent l’équitation mais qui n’a vraisemblablement pas le même sens pour moi.

Je me suis fourvoyée. D’ailleurs, j’aurai dû m’acheter un cerveau à la place d’investir bêtement dans ces heures perdues !

Car très vite j’ai ressenti que ça ne répondait pas à mes attentes, mais je n’ai rien fait. Je ne savais pas où j’allais, je ne comprenais pas le parcours pédagogique (normal y’en avait pas).

Pourquoi me suis-je laissée bernée ? parce qu’ils en savent plus que moi sur le cheval et l’équitation et que ça en impose ?

« Et oui, tu aurais dû t’acheter un cerveau ! Toi qui, professionnellement, traite avec des personnes très importantes d’égale à égale, tu ne te sens pas capable de challenger un moniteur d’équitation ! »

Je suis rentrée en équitation comme on rentre en religion. Je cherchais un maître pour m’enseigner un art de vivre, une philosophie, quelqu’un pour m’indiquer le chemin que j’aurai à parcourir, pour m’ac – « compagner ».

Mais l’équitation d’aujourd’hui n’est pas un art de vivre, c’est un gagne pain, maigre pour certain et plus gras pour d’autres.

Comment pourrait on former des maîtres, il n’y a plus de compagnons… Alors on forme des animateurs…à la pelle et à l’appel d’ailleurs aussi.

Et ces animateurs ou pseudos moniteurs vont essayer d’apprendre à leurs élèves à tenir à cheval, à passer les galops de la fédé et à sortir en concours (toujours de la fédé).

Et vous savez ce qui est le pire dans tout ça ?

C’est que les bons, ceux qui enseignent par passion, ceux qui travaillent sans cesse pour toujours se nourrir afin de pouvoir transmettre, ceux qui ont l’étoffe de maîtres, sont asphyxiés par le système qui les banalise et les associe à la médiocre majorité.

Comment exceller dans sa vocation de l’enseignement quand on n’est pas reconnu et soutenu par ses paires ? Comment exceller lorsque la masse tire vers le bas et détruit un idéal que l’on aimerait transmettre ?

Moi, archétype du client idéal pour un club : propriétaire avec  2 enfants prenant des cours, je réagis car je me rends compte que je ne suis pas la seule à prendre conscience que cette voie qui nous est proposée n’est pas celle que je veux suivre.

Non, je ne veux pas apprendre à monter à cheval avec des animateurs, avec des enseignants qui ne savent même pas me proposer un programme pédagogique holistique, avec des personnes dont la seule ambition est de vendre des cours encore et encore…

Non je ne veux pas que mes enfants tournent en rond à poney, n’importe comment, juste pour les occuper.

Non, ça ne m’intéresse pas non plus qu’ils sortent en concours sur des chevaux qui ne sont pas dressés, qu’ils prennent des risques inutiles pour 1’ de sensations fortes, sans conscience de ce qu’ils imposent à ces pauvres chevaux.

Non je ne veux pas ma racheter un cheval et reproduire un schéma nocif pour lui comme pour moi.

Je veux oublier ce que j’ai appris et repartir de mes motivations premières.

Je veux être en conscience, étudier, entraîner mon corps et lorsque je serai prête, ré-apprendre avec des maîtres.

Mais pour arriver jusque là, il a fallu que je comprenne que le cheval c’est pas génial !

Il faudra beaucoup plus de respect, d’humilité et de sentiments pour, peut être un jour, …monter à Cheval.


Cet article est issu de la lettre n°19 que reçoivent les abonnés privilège. Peut être recevrez donc en double cet article. C’est plus un point de vue qu’un article mais il me semble important, de temps en temps, de vous faire part de mon ressenti.

Dans les commentaires ci-dessous, vous pouvez aussi exprimer, de façon constructive et bienveillante uniquement, votre ressenti, vos espoirs et votre chemin.

 

About The Author

Claire

Claire est la créatrice du blog de l'ABC du Cheval et de l'environnement de formation en ligne. Propriétaire de plusieurs chevaux, Claire s'est découvert cette passion en accompagnant ses enfants au centre équestre... Depuis, elle vous livre toutes ses découvertes ! aussi bien les bonnes que les mauvaises !

11 Comments

  1. Yves Katz

    Il est de la responsabilité de l’enseignant d’ecouter et de comprendre son élève. Selon ses attentes (un simple moment à passer avec un cheval…..ou le desir d’une collaboration poussée avec l’equidé),l’approche devra être différente et la progression pédagogique proposée autre….tout en ayant à l’esprit de vouloir que le premier cherche à rapprocher progressivement ses désirs des attentes du second.

    Réponse
  2. Yves Katz

    Pour prolonger mo commentaire,ayant moi même pratiqué la plongée sous marine ( niveau 4 initiateur), j’affirme que l’on ne peut comparer les deux activités. La plongée est un plus complémentaire,mais les interactions cavalier / cheval et plongeur / mer sont différentes.

    Réponse
  3. FIM

    Très bel article ! Vous avez parfaitement raison. Il est important que le moniteur allie pédagogie et passion équine, qu’il soit vraiment attentif … Merci pour cette belle réflexion.

    Réponse
  4. Kasia

    Claire, je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi. Il y a des moiteurs passionnés qui veulent transmettre leur savoir-faire pour du bien du cheval et cavalier

    Réponse
    • Claire

      Bien sûr d’ailleurs je suis heureuse de pouvoir partager mes découvertes dans ce blog pour permettre à tous les cavaliers qui recherchent autre chose de trouver les instructeurs qui leur conviennent.

      Réponse
  5. Kasia

    Tu m’avais demandée de faire partager tes articles mais je ne peux pas car tout est privé. Cela ne sert à rien de les faire lire à douze personnes

    Réponse
    • Claire

      Que veux tu dire par privé ? il suffit de partager le lien de l’article sur son site ou sa page facebook 🙂 et de demander à ses contacts d’aimer la page facebook : hhtp://www.facebook.com/abcducheval

      Réponse
  6. Kasia

    Chacun a ses propres capacités. A cheval on ne peut pas être raide, il faut avoir les muscles relâches, la main souple, réagir sans tirer et faire la traction sur la bouche du cheval. L’equitation c’est le seul sport individuel qu’on fait à deux 🙂

    Réponse
    • Claire

      Tout à fait vrai ! Mais c’est aussi un des seuls sports où on ne nous apprend pas à s’échauffer avant de monter et à s’étirer après 🙂 Nous préparons une formation de yoga pour cavaliers en ce sens !

      Réponse
  7. Kasia

    j’ai lu et relu l’article. Je ne suis pas d’accord car le cheval c’est génial! Pour moi, ce sont mes compagnons pour le meilleur et pour le pire, nous affrontons les difficultés de la vie ensemble et cela m’aide a tenir debout. Les chevaux sont mes amis, mes psy. Ils me connaissent mieux que mon mari. Ils me donnent toute leur affection et demandent n peu de temps en revanche. Je prends de cors pour mieux monter, pour améliorer mon contact, ma position. L’équitation doit être agréable pour moi et pour mon cheval, il ne peut pas en souffrir.

    Réponse
  8. Jean SEIGNE

    Aie aie aie. Bonjour. Je me permets une incursion sur votre site pour exprimer un avis…disons un peu professionnel.
    Oui, il y a maintenant beaucoup d’animateurs d’équitation (BPJEPS); les clubs en ont besoin: il faut faire vivre les centres équestres et la démocratisation de l’équitation a attiré plus d’enfants vers les poneys pour qui les jeux et la convivialité sont adaptés. Ils apprennent aisément par intégration physique des schémas corporels, il faut les mettre en situation, alors que les adultes- la plupart- ont un cerveau, si si, (je plaisante) et les apprentissages passent par une forme d’intellectualisation: il faut expliquer, montrer, corriger, faire recommencer…téléguider presque parfois jusqu’à l’obtention du geste juste et le signifier alors: « oui, bien, c’est ça que l’on cherche! ». Cela demande bien de connaître soi-même la technique et aussi de maîtriser la pédagogie différenciée. D’une part.  » Tant vaut l’Homme, tant vaut la méthode » ( Général LHOTTE, je crois). Et d’autre part vous devez avoir la cavalerie qui réponde aux sollicitations du cavalier apprenant, sinon c’est l’impasse: une fois les bases un peu acquises, le cavalier exprime à son cheval des demandes auxquelles il ne répondrait pas plus avec un cavalier plus confirmé, sauf à lui voler. Si les chevaux ne sont pas repris de temps en temps par des bons cavaliers, leur souplesse et leur générosité s’émoussent. Et il faut les « dresser » préalablement. « A jeune cavalier, vieux cheval », c’est le sens qu’il faut voir là, il ne s’agit pas d’un cheval de 28 ans! Il doit savoir lire et écrire (voire compter) pour vous renseigner sur les bons gestes tout en acceptant une marge d’erreur dans les indications. Ensuite seulement on reproduit sur d’autres chevaux moins…. convaincus.
    L’Équitation s’est alors un peu… égarée, puisque les « monos » (Gentil Organisateurs?) n’ont pas tous les compétences éducatives pour transmettre leurs connaissances techniques acquises. Et elles sont limitées de fait puisque leur formation est réduite en durée par rapport à l’ancien monitorat.
    La Fédé s’est rendue compte de cette lacune et a remis en place des formations disons « supérieures » ( DEJEPS et DESJEPS).
    Il n’en reste pas moins que la pratique hebdomadaire convient à une activité ludique ou de plaisir, mais on n’apprend pas à nager dans le grand bain en quelques séances (rapport à la plongée). Il y a des paliers…là aussi. Mais il a aussi vrai qu’il est possible de se contenter de petites réussites et c’est comme cela qu’on progresse. « Demander souvent, se contenter de peu, récompenser beaucoup » (Beudant?) cela s’applique également au cavaliers.
    Oui les assouplissements, oui les étirements, mais encore une fois, il faut les inclure dans une séance qui fait œuvre de transmission. Pour ma part, je suis partisan dans chaque cours de: 1 prends toujours du plaisir à être là- 2 apprends quelque chose ou révises- 3 respecte ton cheval (en tant qu’animal, et cela passe par les soins; la locomotion; ses capacités, son « métier », tous ne seront pas Jappeloup).

    Amicalement

    Réponse

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  1. Stage de Dressage et d'Art Equestre chez Fiona et James Carter à Fleurines (60) - ABC du Cheval - […] Sans parler du fait que l’enseignement de James et Fiona est vraiment intéressant et permet de progresser beaucoup plus vite…

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