Vous lisez
Le TREC : une discipline entre technique de randonnée et complicité

Le TREC : une discipline entre technique de randonnée et complicité

Plus complet que le Concours Complet d’Équitation (CCE) ? Voilà une affirmation qui pourrait faire réagir ! 😉

Pourtant, lorsque l’on regarde tout ce que l’on demande à un couple en TREC, on comprend rapidement pourquoi cette discipline est aussi complète.

Aujourd’hui, je vous invite donc à découvrir ma discipline de prédilection : le TREC.

Une discipline que j’ai pratiquée pendant de nombreuses années, à cheval comme en attelage, et qui continue à avoir une place toute particulière dans ma manière de concevoir l’équitation.

Le TREC, c’est quoi exactement ?

TREC signifie Techniques de Randonnée Équestre de Compétition.

Et rien que son nom raconte déjà une partie de son histoire.

Le TREC est une discipline française, née au milieu des années 1980 dans le monde du tourisme équestre. Elle a été imaginée par des randonneurs désireux de mettre en valeur les qualités indispensables à un cheval de voyage : la fiabilité, la franchise, le calme, l’endurance, l’adaptation au terrain… mais aussi les compétences du cavalier.

À l’origine, il ne s’agissait donc pas de créer une discipline spectaculaire destinée à faire du sport pour le sport.

L’idée était beaucoup plus proche de la réalité du terrain :

Comment savoir si un cheval et son cavalier sont réellement capables de voyager ensemble, en autonomie, dans des environnements variés ?

C’est cette philosophie qui me plaît dans le TREC.

Car lorsque l’on part en randonnée à cheval, le but n’est généralement pas de battre quelqu’un.

On part pour découvrir un chemin.

Pour traverser une forêt.

Pour admirer un paysage.

Pour partager plusieurs heures avec son cheval.

Pour découvrir de nouveaux horizons.

Pour vivre quelque chose ensemble.

Et pourtant, il est parfaitement possible d’aimer profondément cette forme de randonnée et d’apprécier la compétition.

Les deux ne sont absolument pas incompatibles.

Le TREC est justement né de cette rencontre entre l’esprit du voyage à cheval et la saine émulation de la compétition. La FFE le présente d’ailleurs comme une discipline destinée à faire progresser le cheval et le cavalier vers davantage d’autonomie dans le voyage à cheval, en toute sécurité.

Une discipline qui met le couple au centre

C’est probablement ce qui m’a attirée dans le TREC.

L’équitation est une discipline individuelle…

que l’on pratique à deux !

Et ce « à deux » est particulièrement important ici.

Dans le TREC, on ne demande pas simplement à un cheval de réaliser une performance.

On demande à un couple cheval-cavalier de résoudre des situations.

Le cavalier doit comprendre son cheval.

Le cheval doit faire confiance à son cavalier.

Et les deux doivent apprendre à fonctionner ensemble.

C’est une véritable relation de partenariat.

Or trop souvent, dans les disciplines équestres plus médiatisées, les qualités du cavalier passent au second plan derrière la performance du cheval.

Et encore plus rarement la relation entre l’animal et l’humain devient-elle réellement une partie de la performance.

Le TREC, lui, met justement en avant cette complémentarité.

Il valorise le cheval pour ses capacités :

  • d’endurance ;
  • de maniabilité ;
  • de franchise ;
  • de calme ;
  • d’adaptation ;
  • d’éducation ;
  • de locomotion ;
  • de régularité.

Mais il valorise également le cavalier pour :

  • sa capacité à lire une carte ;
  • son sens de l’orientation ;
  • sa gestion du temps ;
  • sa gestion de l’effort de sa monture ;
  • sa connaissance du terrain ;
  • sa précision dans les demandes ;
  • sa capacité à anticiper ;
  • son calme face à une difficulté ;
  • et surtout son à-propos, cette capacité à trouver la bonne réponse au bon moment.

C’est cela qui fait toute la richesse du TREC.

Le meilleur résultat n’est pas forcément obtenu en demandant toujours davantage au cheval, mais en sachant quand, comment et pourquoi lui demander quelque chose.

C’est pour cette raison que j’ai aimé et pratiqué cette discipline pendant tant d’années, tant montée qu’attelée.

Elle oblige l’humain et l’animal à devenir de véritables partenaires pour maximiser la réussite avec le moins de peine possible.

Et, à mes yeux, c’est une magnifique définition de l’équitation.

Le TREC en 2026 : trois tests complémentaires

Le TREC s’articule autour de trois tests complémentaires : le Parcours d’Orientation et de Régularité (POR), la Maîtrise des Allures (MA) et le Parcours en Terrain Varié (PTV).

Trois épreuves, trois façons de mettre à l’épreuve le couple cheval-cavalier… et surtout trois compétences qui se complètent parfaitement :

  • le POR, pour l’orientation, la lecture du terrain, la gestion de l’itinéraire et de l’effort ;
  • la Maîtrise des Allures, pour la précision, l’équilibre et le contrôle des allures ;
  • le PTV, pour la maniabilité, la franchise, la confiance et l’adaptation aux difficultés rencontrées en extérieur.

C’est cette complémentarité qui fait toute la richesse du TREC.

Le cavalier doit savoir s’orienter, mais aussi monter avec précision.

Le cheval doit être capable de fournir un effort prolongé, tout en restant disponible et attentif.

Et lorsque le terrain impose une difficulté, le couple doit pouvoir trouver ensemble la solution la plus juste.

Le TREC demande donc autant de réflexion que d’équitation, autant de préparation que d’adaptation.

Et c’est précisément ce mélange qui me plaît tant dans cette discipline.

Le POR : Parcours d’Orientation et de Régularité

Le POR est probablement l’épreuve qui reste la plus intimement liée aux origines du TREC.

Et c’est certainement celle qui parle le plus directement aux vrais randonneurs.

Le principe ?

Avec une carte, le cavalier doit retrouver et suivre précisément un itinéraire, tout en respectant les vitesses et les temps demandés sur les différents tronçons. Des contrôles permettent de vérifier le parcours et la régularité du couple.

Mais derrière cette définition assez simple se cache une véritable aventure.

Il faut savoir lire une carte.

Se repérer.

Identifier les chemins.

Observer le terrain.

Anticiper.

Et surtout gérer son cheval.

Car le POR n’est pas une course.

Il ne suffit pas d’aller vite.

Il faut savoir trouver le bon rythme.

Partir trop vite peut coûter cher.

Traîner peut également coûter cher.

Et surtout, un cheval qui arrive épuisé à la fin d’un parcours n’est pas forcément la preuve que son cavalier a bien géré son effort.

La FFE insiste d’ailleurs sur cette notion de régularité et sur l’adaptation de l’allure au terrain et à l’effort demandé.

C’est là que le TREC devient particulièrement intéressant.

Le cavalier doit penser pour deux.

Il doit savoir où il va, mais aussi savoir comment y aller avec son cheval.

Et lorsque l’on passe plusieurs kilomètres ensemble, quelque chose se crée.

Une forme de complicité.

Une compréhension mutuelle.

Une manière de communiquer qui devient parfois presque instinctive.

Le POR, ce sont des kilomètres de carte, de terrain… mais surtout des kilomètres de complicité.

Le PTV : Parcours en Terrain Varié

Le Parcours en Terrain Varié, ou PTV, est sans doute la partie du TREC la plus immédiatement spectaculaire.

Le parcours reproduit des difficultés que l’on peut rencontrer en randonnée : gué, tronc, fossé, passerelle, portail, branches basses, haie, etc. Les dispositifs et leurs caractéristiques évoluent selon les niveaux.

Mais attention.

Le PTV n’est pas simplement un parcours d’obstacles.

Ce qui est intéressant, ce n’est pas seulement de savoir si le cheval est capable de franchir quelque chose.

C’est comment il le franchit.

Dans certaines situations, il faudra de la franchise.

Dans d’autres, de la précision.

Parfois de la patience.

Et souvent un mélange de tout cela.

On peut par exemple rencontrer :

Franchir un gué

Le cheval doit accepter l’eau, y entrer calmement et poursuivre son chemin sans transformer le passage en expédition militaire.

Franchir un fossé

À cheval ou à pied selon la situation et le dispositif, il faut savoir aborder l’obstacle avec suffisamment de confiance et de précision.

Passer dans un couloir ou une chicane

Voilà un excellent exercice de maniabilité.

Il faut que le cheval reste attentif aux indications du cavalier et que celui-ci sache précisément où placer son partenaire.

Passer sous des branches basses

Bon…

Soyons honnêtes : en randonnée, on évite généralement de galoper sous des branches basses.

Mais l’exercice a tout de même le mérite de tester l’adaptation du couple à son environnement !

Franchir une passerelle

Une situation que certains chevaux découvrent avec beaucoup de méfiance.

Et là encore, tout se joue dans la confiance.

Ouvrir une barrière

Un grand classique.

Et une excellente façon de vérifier la maniabilité du cheval.

Sans s’énerver.

Ni le cheval…

Ni le cavalier !

Descendre un contre-bas ou un escalier

Là encore, équilibre, confiance et précision sont nécessaires.

Et c’est précisément ce que j’aime dans le PTV :

il oblige le cheval et le cavalier à réfléchir ensemble.

La FFE décrit d’ailleurs le PTV comme un parcours simulant les situations que l’on peut rencontrer en pleine nature, avec une évaluation portant notamment sur l’efficacité, la franchise et le style du couple.

La Maîtrise des Allures : lenteur, vitesse… et précision

La Maîtrise des Allures, ou MA, est une épreuve beaucoup plus technique qu’elle n’en a l’air.

Son principe historique est simple :

galoper le plus lentement possible et marcher le plus rapidement possible, tout en respectant le tracé et les conditions prévues pour le niveau concerné.

Cela peut paraître paradoxal.

Pourquoi demander au cheval de galoper lentement ?

Parce qu’un cheval capable de conserver un galop lent, équilibré et régulier démontre une réelle qualité de contrôle et de dressage.

Et pourquoi demander un pas rapide ?

Parce que le pas est l’une des grandes allures du cheval d’extérieur.

Un bon cheval de randonnée doit être capable de marcher efficacement.

Il doit couvrir du terrain sans se précipiter.

Il doit pouvoir avancer pendant des heures sans gaspiller inutilement son énergie.

Et c’est justement l’une des qualités que je recherche en priorité chez un cheval de TREC.

Un bon pas, avec de l’amplitude, de l’activité et de la régularité, est pour moi la base d’un bon cheval de TREC.

Une vraie école pour le cavalier

Ce que j’aime également dans le TREC, c’est qu’il ne permet pas au cavalier de se cacher derrière les qualités de son cheval.

Le POR demande de savoir s’orienter.

La MA demande de savoir monter.

Le PTV demande de savoir s’adapter.

Et les trois demandent de connaître son cheval.

Un cavalier peut avoir un excellent cheval et perdre beaucoup de points simplement parce qu’il ne sait pas gérer son effort, qu’il lit mal sa carte ou qu’il aborde une difficulté sans préparation.

Inversement, un couple parfaitement accordé peut accomplir des choses remarquables avec un cheval qui n’est pas forcément le plus spectaculaire.

C’est cela qui me plaît.

Le TREC récompense l’intelligence du couple.

Et la présentation du couple ?

Selon les niveaux et les règlements, des contrôles liés au cheval, à la tenue et à l’équipement peuvent également faire partie de l’organisation d’une épreuve.

L’idée reste parfaitement cohérente avec l’origine du TREC :

être capable de partir avec un cheval correctement équipé et de disposer d’un matériel adapté à l’effort et à l’extérieur.

Car lorsqu’on part en randonnée, on ne peut pas compter sur quelqu’un pour apparaître miraculeusement au détour du chemin dès qu’un problème survient !

Il faut donc réfléchir à son matériel.

À son harnachement.

À ce que l’on emporte.

À ce qui peut être utile en cas de problème.

Et surtout à ce qui permettra de voyager en sécurité en ménageant son cheval… et son cavalier.

Le TREC, héritier du tourisme équestre

C’est peut-être ici que je trouve le plus intéressant de revenir à l’histoire de la discipline.

Les premiers pratiquants du TREC étaient avant tout des randonneurs.

Des cavaliers pour lesquels le cheval devait être capable de voyager.

Pas seulement de faire une belle reprise.

Pas seulement de sauter un obstacle.

Voir également
martine premier cheval

Pas seulement de galoper vite.

Il devait pouvoir :

  • marcher longtemps ;
  • traverser des environnements variés ;
  • rester calme face à l’inconnu ;
  • franchir des difficultés ;
  • être manipulable ;
  • récupérer correctement ;
  • faire confiance à son cavalier ;
  • et surtout être suffisamment fiable pour que l’on puisse continuer son voyage.

Le TREC est donc né de cette volonté de valoriser les qualités du cheval de randonnée et les compétences du cavalier. La FFE retrace cette histoire à partir des premières initiatives apparues à la fin des années 1970, avant la naissance du TREC en 1985.

Et je trouve cette histoire importante.

Parce qu’elle explique pourquoi le TREC est différent.

Ce n’est pas une discipline artificiellement sortie de nulle part.

Elle vient du terrain.

Elle vient des chemins.

Elle vient de cavaliers qui avaient besoin de chevaux fiables.

Et elle conserve encore aujourd’hui cette philosophie.

Une discipline de compétition… sans perdre l’esprit randonnée

Voilà pourquoi je trouve finalement le nom de TREC beaucoup moins paradoxal qu’il n’y paraît.

Oui, il y a compétition.

Oui, il y a des points.

Oui, il y a un classement.

Mais derrière tout cela, on retrouve toujours le voyage à cheval.

La lecture d’une carte.

La découverte d’un itinéraire.

La gestion de l’effort.

Le franchissement d’une difficulté.

La relation avec son cheval.

La capacité à s’adapter.

Et cette formidable sensation de rentrer après plusieurs heures en se disant :

« On l’a fait ensemble. »

C’est pour cela que le TREC peut séduire aussi bien le compétiteur que le cavalier de loisir.

On peut chercher la performance.

On peut simplement vouloir progresser.

On peut venir découvrir.

On peut pratiquer à son niveau.

Et surtout, on peut construire son expérience avec son cheval au fil des kilomètres.

Faut-il un cheval spécial pour faire du TREC ?

Pas forcément.

Pour découvrir la discipline, beaucoup de chevaux et de poneys correctement éduqués peuvent parfaitement participer à un TREC adapté à leur niveau.

Il n’est pas nécessaire d’avoir un cheval de sport exceptionnel.

Il faut avant tout un cheval sain, suffisamment éduqué, capable de sortir, de rester attentif et d’apprendre.

Mais lorsqu’on souhaite progresser et aller vers un niveau plus exigeant, certaines qualités deviennent particulièrement intéressantes.

Et après avoir cherché, acheté, préparé, entraîné, entretenu et valorisé de nombreux chevaux et poneys de TREC, j’ai évidemment quelques idées sur la question !

Quel est donc le cheval idéal pour le TREC ?

C’est justement le sujet de cet article :

Quel est le bon cheval de TREC ? Les qualités indispensables – ABC du Cheval

Nous parlerons de taille, d’âge, de caractère, de modèle, de solidité, d’allures…

Mais surtout de cette qualité que je considère comme fondamentale :

le pas.

Un bon pas actif, ample, régulier et efficace peut faire une énorme différence lorsqu’il faut parcourir des kilomètres.

Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas forcément le cheval le plus spectaculaire qui sera le meilleur partenaire de TREC.

Envie de découvrir le TREC ?

Foncez !

Commencez tranquillement.

Sortez votre cheval.

Apprenez à lire une carte.

Travaillez les allures.

Habituez-le progressivement aux difficultés.

Apprenez à descendre de cheval et à marcher à côté de lui.

Travaillez la confiance.

Et surtout…

faites des kilomètres ensemble.

Parce que c’est sur les chemins que se construit une grande partie de cette complicité que l’on retrouve ensuite en compétition.

Le TREC peut être une formidable école pour le cheval comme pour le cavalier.

Une école de précision.

Une école d’autonomie.

Une école de confiance.

Et surtout une école du partenariat.

Pour ma part, c’est précisément pour cela que j’ai aimé cette discipline et que je continue à la défendre.

Un bon cavalier ne cherche pas à faire faire davantage à son cheval. Il cherche à faire mieux, ensemble.

Si cette discipline vous tente, vous inspire ou vous attire, alors essayez-la !

Et surtout, amusez-vous avec votre partenaire équin.

Il n’aspire peut-être qu’à une chose :

découvrir de nouveaux horizons avec vous. ❤️

Pour ma part, je reste disponible pour du coaching personnalisé autour du TREC, de l’équitation d’extérieur et du travail du couple.

Après toutes ces années à préparer des chevaux et des cavaliers, à les accompagner en compétition et à les voir progresser, je reste convaincue d’une chose :

rien n’est impossible à qui veut s’en donner la peine… à condition de respecter son partenaire en chemin.

Et vous ?

Votre cheval serait-il un bon cheval de TREC ?

Dans le prochain article, nous allons justement détailler les qualités que je recherche chez un véritable cheval de TREC, et celles qui peuvent rendre la vie du cavalier beaucoup plus compliquée !

What's Your Reaction?
Excited
0
Happy
0
In Love
0
Not Sure
0
Silly
0

Tous droits réservés

Scroll To Top