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10 contrôles pour veiller à la santé de son cheval

10 contrôles pour veiller à la santé de son cheval

santé de son cheval

Connaître les constantes et les habitudes de son cheval est l’un des meilleurs moyens de repérer vite qu’un problème s’installe. Poids, respiration, locomotion, transit, toux : plusieurs contrôles simples peuvent être réalisés régulièrement par le propriétaire.

Ils ne remplacent jamais l’examen du vétérinaire. Leur intérêt est double : connaître les valeurs habituelles de son cheval, et pouvoir transmettre des informations précises le jour où quelque chose cloche.

1 – Connaître et suivre le poids de son cheval

Le poids entre dans le calcul de la ration comme dans le dosage de nombreux médicaments : une estimation approximative peut donc conduire à des erreurs non négligeables.

La méthode la plus précise reste la pesée sur bascule. À défaut, on utilise un ruban barymétrique ou des formules fondées notamment sur le périmètre thoracique et quelques mensurations. L’IFCE rappelle cependant que toutes les formules n’ont pas la même précision, et que les mesures de longueur corporelle sont sensibles à la manière dont elles sont prises.

Pour un suivi dans le temps, l’essentiel est donc d’utiliser toujours la même méthode, dans des conditions comparables, afin de repérer une tendance à la prise ou à la perte de poids. Il est également utile d’associer le poids à la note d’état corporel : à poids égal, deux chevaux peuvent présenter des états d’engraissement très différents.

Source : IFCE – Équipédia, Estimation du poids.

2 – Un problème d’œil ? Appeler vite le vétérinaire

L’ancien conseil qui consistait à approcher un doigt tout près de l’œil pour « tester la vue » doit être manié avec beaucoup de prudence.

Le vétérinaire recherche ce que l’on appelle la réponse à la menace : l’approche d’un objet vers l’œil déclenche normalement un clignement, parfois accompagné d’un mouvement de la tête. C’est d’ailleurs un réflexe appris, que le poulain ne développe que vers l’âge de une à deux semaines. Le geste doit se faire sans créer de courant d’air ni toucher les cils — et, bien sûr, sans jamais risquer d’atteindre la cornée.

Une absence de réaction ne suffit pas, à elle seule, à conclure à la cécité : la réponse met en jeu tout un trajet, de l’œil jusqu’au cortex cérébral. Une atteinte à n’importe quel niveau de ce trajet peut la diminuer ou l’abolir.

Chez le cheval, une affection oculaire peut évoluer très vite. Œil fermé ou douloureux, larmoiement important, gonflement, cornée trouble ou bleutée, écoulement ou traumatisme imposent de contacter rapidement un vétérinaire. Surtout, n’appliquez pas un ancien collyre « qui avait marché la dernière fois » : certains traitements, notamment ceux à base de corticoïdes, peuvent aggraver fortement un ulcère cornéen.

Source : UC Davis, Center for Equine Health, 10 Things You Might Not Know About Equine Ophthalmology.

3 – Savoir quoi faire devant une plaie

Les chevaux ont un talent certain pour se blesser là où on ne les attend pas, et une petite plaie extérieure peut parfois masquer une atteinte bien plus sérieuse.

La priorité est d’en évaluer la localisation, la profondeur, le saignement et la présence éventuelle d’un corps étranger. Une plaie profonde, très contaminée, fortement hémorragique ou proche d’une articulation, d’une gaine tendineuse ou d’une autre structure importante mérite un avis vétérinaire rapide. On évite aussi de manipuler ou de faire travailler un cheval dont la plaie s’accompagne d’une boiterie sévère.

Et le miel ?

Il existe bel et bien des travaux sérieux sur le miel dans les plaies équines. Un essai clinique de terrain publié dans l’Equine Veterinary Journal a suivi 127 chevaux dont les lacérations nécessitaient une suture : dans le groupe traité, un miel de qualité médicale était appliqué à l’intérieur de la plaie, avant la fermeture. Les chevaux ainsi traités avaient une probabilité de cicatrisation complète sans infection environ trois fois supérieure à celle des témoins.

Deux réserves, toutefois. D’abord, il s’agit d’un miel préparé et stérilisé pour un usage médical, appliqué dans un cadre de soin — rien à voir avec le pot de la cuisine, dans lequel des travaux ont retrouvé bactéries et spores. Ensuite, la synthèse des recommandations de premier recours de la BEVA reste prudente : le niveau de preuve demeure limité.

En pratique : jamais de miel alimentaire dans une plaie. Le recours éventuel à un miel médicalisé se décide avec le vétérinaire.

Sources : Mandel et al., Equine Veterinary Journal, 2020, 52(1):41-45 ; Merck Veterinary Manual, Trauma and First Aid in Horses ; BEVA, recommandations de premier recours (Freeman et al., 2021).

4 – Une queue très abîmée doit faire chercher la cause

Un cheval qui se gratte la queue au point de casser ses crins ou de se dépiler ne souffre pas forcément d’un problème de fourreau.

Les démangeaisons ont de nombreuses origines possibles : parasites, insectes, affection dermatologique, irritation locale… Chez le hongre ou l’étalon, l’accumulation de sécrétions au niveau du fourreau fait partie des éléments à vérifier, mais elle n’explique pas automatiquement tout grattage de queue.

Mieux vaut donc chercher la cause que multiplier les nettoyages agressifs. Un fourreau ne doit pas être décapé régulièrement avec des produits irritants ni nettoyé au jet sous pression. Gêne, gonflement, mauvaise odeur, écoulement, difficulté à uriner ou démangeaisons persistantes justifient un examen vétérinaire.

5 – Observer le transit plutôt que traquer le « bon bruit » intestinal

Écouter l’abdomen apporte des informations utiles, mais oublions les descriptions trop précises du type « tic-tic à droite » ou « chasse d’eau deux à trois fois par minute ».

Le vétérinaire ausculte plusieurs régions parce que la nature et l’intensité des bruits digestifs varient selon les zones et le contenu intestinal. Bruits de gaz, de liquide ou, au contraire, forte diminution de l’activité peuvent orienter. Un silence digestif prolongé est notamment anormal — mais l’auscultation seule ne diagnostique pas la cause d’une colique.

À la maison, surveillez surtout ce qui se compare facilement au quotidien : appétit, prise de boisson, quantité et aspect des crottins, comportement et signes éventuels de douleur. Gratter le sol, regarder ses flancs, se coucher et se relever, se rouler, transpirer, perdre l’appétit ou produire moins de crottins comptent parmi les signes pouvant accompagner une colique.

Sources : Merck Veterinary Manual, Colic in Horses et Overview of Colic in Horses.

6 – Repérer les signes pouvant évoquer une douleur dorsale

Il n’existe pas un comportement unique permettant d’affirmer : « mon cheval a mal au dos ».

Baisse de performance, défense au pansage ou au sanglage, difficulté à s’engager, raideur, asymétrie musculaire ou réactions inhabituelles à la palpation peuvent attirer l’attention — sans être spécifiques d’une douleur dorsale. De même, une posture inhabituelle au box ne se diagnostique pas sur cette seule observation.

Quand une modification persiste, il faut en chercher l’origine : dos, boiterie, matériel inadapté, problème de pieds, affection médicale ou autre. L’examen locomoteur vétérinaire évalue d’ailleurs les membres, mais aussi le dos et l’encolure.

Source : Merck Veterinary Manual, Lameness in Horses.

7 – Reconnaître une boiterie… sans chercher à la diagnostiquer soi-même

Une boiterie d’antérieur provoque souvent un mouvement caractéristique de la tête. Contrairement à une idée répandue, le cheval ne « tombe » pas simplement du côté du membre boiteux : la tête et l’encolure remontent lorsque le membre douloureux prend appui, et redescendent lors de l’appui sur le membre sain (d’où la formule anglaise « down on sound »). Ce signe est net dans les boiteries marquées, plus subtil dans les cas légers.

Pour les postérieurs, le mouvement du bassin est souvent plus informatif.

Le travail sur un cercle peut accentuer une boiterie. En revanche, il est faux d’en déduire simplement que « si le cheval boite davantage sur le cercle, la boiterie est basse » : antérieurs comme postérieurs peuvent être modifiés par le cercle, et la localisation exige un véritable examen. Enfin, si la boiterie est importante, ne faites pas trotter ou tourner le cheval « pour voir » : en cas de fracture ou de lésion grave, l’exercice supplémentaire peut aggraver la situation.

Sources : Merck Veterinary Manual, Lameness in Horses et The Lameness Examination in Horses.

8 – Connaître les constantes normales de son cheval

Plutôt que de ne surveiller que la respiration, apprenez à relever quelques constantes lorsque votre cheval est calme et au repos.

À titre indicatif, chez un cheval adulte au repos, l’IFCE situe la fréquence cardiaque autour de 30 à 40 battements par minute. Les références vétérinaires courantes donnent par ailleurs une fréquence respiratoire de l’ordre de 8 à 16 mouvements par minute et une température rectale d’environ 37 à 38,5 °C. Ces valeurs varient selon l’individu, le climat, le stress et l’activité : d’où l’intérêt de connaître les constantes habituelles de son propre cheval.

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Pour compter la respiration, observez simplement les mouvements du thorax ou des flancs pendant une minute. Inutile de placer une main devant les naseaux si cela gêne le cheval.

Attention enfin aux raccourcis : une fréquence respiratoire élevée n’a pas, à elle seule, de valeur pronostique lors d’une colique. Elle peut monter sous l’effet de la douleur, de la fièvre, d’un problème respiratoire, d’une acidose ou d’une augmentation de la pression abdominale. Le vétérinaire l’interprète toujours avec la fréquence cardiaque, les muqueuses, l’état circulatoire et le reste de l’examen.

Sources : IFCE – Équipédia, Utiliser un cardiofréquencemètre ; Merck Veterinary Manual, Overview of Colic in Horses.

9 – Une toux n’est pas un diagnostic

« Il tousse, c’est de l’emphysème » : le raccourci est tentant, mais faux.

Le terme retenu aujourd’hui est celui d’asthme équin, qui regroupe plusieurs formes d’inflammation chronique des voies respiratoires (les anciennes IAD, RAO et RAO d’été). Mais une toux peut aussi accompagner une infection virale ou bactérienne, une irritation respiratoire ou d’autres maladies des voies aériennes.

Les informations utiles à noter : quand le cheval tousse, depuis combien de temps, au repos ou à l’effort, pendant les repas ou à l’écurie, et s’il présente un jetage, de la fièvre, une baisse de forme ou une respiration anormale. Une toux persistante, ou associée à l’un de ces signes, mérite un examen.

Dans l’asthme équin, la réduction de l’exposition aux poussières et allergènes respirables est la composante essentielle de la prise en charge — souvent plus déterminante que les médicaments seuls. Foin, litière, moisissures et particules de l’environnement jouent un rôle majeur chez les chevaux sensibles.

Sources : Merck / MSD Veterinary Manual, Asthma in Horses et Overview of Respiratory Diseases of Horses.

10 – Suivre la récupération après l’effort plutôt qu’un « test miracle »

La fréquence cardiaque est un excellent témoin de l’intensité de l’effort et de la récupération. Chez le cheval, elle se situe autour de 30 à 40 bpm au repos et peut approcher 220 bpm lors d’un effort intense.

Mais une mesure isolée ne permet pas de classer un cheval comme « bien entraîné », « surentraîné » ou « inapte au sport ». Le plus instructif est de suivre le même cheval dans des conditions comparables : type de séance, terrain, météo, allure et moment de la mesure.

Comme la fréquence chute rapidement après l’effort, l’IFCE suit la cinétique de récupération à des repères réguliers — valeurs à 1, 3, 5 et 10 minutes — et retient souvent la fréquence lue à 3 ou 5 minutes comme indicateur de la charge de la séance. L’évolution au fil des semaines est généralement plus parlante que la comparaison avec le cheval du voisin.

Une récupération qui devient anormalement lente, une baisse de performance ou une fréquence inhabituelle pour un effort d’ordinaire bien toléré peuvent justifier de réduire la charge de travail et d’en chercher la cause.

Sources : IFCE – Équipédia, Utiliser un cardiofréquencemètre, Analyser un enregistrement cardio et Le suivi de la récupération après une compétition.

À retenir : connaissez surtout votre cheval

Les « normes » sont utiles, mais le meilleur point de comparaison reste souvent le cheval lui-même. Connaître son poids et son état corporel, sa température, ses fréquences cardiaque et respiratoire au repos, son appétit, son transit et sa locomotion habituelle permet de remarquer plus vite un changement.

Et face à une colique, une gêne respiratoire, une boiterie sévère, une plaie profonde ou proche d’une articulation, une hémorragie importante ou une atteinte de l’œil, mieux vaut appeler rapidement son vétérinaire que multiplier les tests maison.

Cet article fournit des informations générales sur la santé équine et ne remplace ni un diagnostic ni les conseils d’un vétérinaire.

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