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TREC et randonnée équestre : le guide du cavalier d’extérieur

TREC et randonnée équestre : le guide du cavalier d’extérieur

Randonnée Kirghizistan

Quitter la carrière, prendre les chemins et partir à cheval : la randonnée équestre commence souvent par une simple balade de quelques heures et peut mener beaucoup plus loin. Une journée en forêt, plusieurs jours en itinérance, un voyage à cheval à l’autre bout du monde… ou même une compétition de TREC.

Car TREC et randonnée à cheval sont intimement liés.

Le TREC — Techniques de Randonnée Équestre de Compétition — transpose en discipline sportive les qualités mêmes du cavalier et du cheval d’extérieur : orientation, régularité, maîtrise des allures, franchise, maniabilité et adaptation au terrain [1].

Randonnée comme TREC demandent de construire un cheval capable de sortir de son environnement habituel, et un cavalier assez autonome pour prendre les bonnes décisions une fois dehors.

Dans ce guide, nous avons rassemblé tout ce qu’il faut savoir pour pratiquer le TREC, préparer une randonnée équestre et progresser en équitation d’extérieur, avec nos articles pour approfondir chaque sujet.

Randonnée équestre : pourquoi partir à cheval ?

La randonnée équestre ne se résume pas à une longue balade.

Dès que l’on quitte l’environnement relativement prévisible d’une carrière, le couple cheval-cavalier doit composer avec le terrain : montées, descentes, chemins étroits, branches, flaques, gués, routes, animaux, véhicules ou situations inattendues.

C’est précisément ce qui rend l’équitation d’extérieur si formatrice.

Le cavalier apprend à observer, anticiper et décider. Le cheval acquiert de l’expérience et apprend à gérer des environnements variés — un apprentissage qui, à son tour, le rend plus stable et plus confiant à la maison.

Et puis il y a tout ce que la randonnée apporte au-delà de la technique : découvrir un territoire au rythme du cheval, passer plusieurs heures ensemble, partager une aventure avec d’autres cavaliers, ou simplement retrouver le plaisir d’aller quelque part plutôt que de tourner autour d’une carrière.

Vous hésitez encore ? Découvrez nos 12 bonnes raisons de partir en randonnée équestre.

TREC : quand les techniques de randonnée deviennent une discipline équestre

TREC signifie Techniques de Randonnée Équestre de Compétition.

La Fédération Française d’Équitation présente aujourd’hui le TREC comme une discipline destinée à faire progresser chevaux et cavaliers vers davantage d’autonomie dans le voyage à cheval et de sécurité [1].

Il repose sur trois tests complémentaires :

Le POR, ou Parcours d’Orientation et de Régularité, évalue notamment l’orientation, la lecture de carte et la capacité à respecter une vitesse donnée.

La Maîtrise des Allures, ou MA, met en évidence le contrôle, l’équilibre et le dressage du cheval, au pas comme au galop, sur un couloir matérialisé.

Le PTV, ou Parcours en Terrain Varié, confronte le couple à des difficultés naturelles ou simulées que l’on peut rencontrer dehors : tronc, fossé, passerelle, gué, portail, plan incliné, branches basses, immobilité, reculer, etc. [1]

Nous avons consacré un dossier complet à la discipline : Le TREC : une discipline entre technique de randonnée et complicité.

Si vous découvrez le TREC, commencez par cet article : vous y trouverez le fonctionnement du POR, du PTV et de la maîtrise des allures, ainsi que les qualités développées par cette discipline.

POR et orientation à cheval : apprendre à trouver son chemin

Savoir partir à cheval, c’est aussi savoir où l’on va.

C’est particulièrement évident en TREC avec le Parcours d’Orientation et de Régularité.

Selon la FFE, un POR peut représenter une distance de 5 à 40 km. Les concurrents découvrent l’itinéraire en salle des cartes et le recopient sur leur propre carte. Des contrôles, dont ils ignorent l’emplacement, vérifient ensuite le respect de l’itinéraire et de la régularité [1].

La vitesse demandée sur les différents tronçons peut être comprise entre 5 et 12 km/h [1].

Le but n’est donc pas d’aller le plus vite possible.

Il faut arriver au bon endroit, par le bon chemin et au bon moment.

Cette logique fait du POR un excellent exercice pour le cavalier randonneur. Il oblige à regarder le paysage, interpréter une carte, évaluer une distance, surveiller son rythme — et à ne pas dépendre uniquement du cheval qui précède.

C’est aussi un formidable révélateur du couple : un cheval qui reste disponible et régulier quand on lève le nez de la carte est un cheval avec lequel on peut vraiment voyager.

Faut-il être fort en orientation pour débuter le TREC ?

Non.

Le TREC prévoit des niveaux permettant une découverte progressive. La FFE présente notamment la Club 2 comme une porte d’entrée dans la discipline, avec des situations adaptées aux cavaliers qui débutent [2].

L’objectif est d’apprendre pas à pas — boussole, échelle de carte, azimut, repères de terrain — avant de s’attaquer à des difficultés d’orientation plus importantes.

Préparer son itinéraire de randonnée à cheval

Pour une simple balade autour de l’écurie, connaître quelques chemins peut suffire.

Dès que l’on souhaite partir plus loin ou organiser une randonnée équestre de plusieurs jours, la préparation de l’itinéraire devient déterminante.

Distance, dénivelé, qualité des chemins, routes, traversées de villages, points d’eau, passages délicats et solutions d’hébergement doivent être étudiés en amont.

Un itinéraire agréable à pied n’est d’ailleurs pas nécessairement adapté à un cheval.

Une passerelle trop étroite, une barrière infranchissable, un chemin très dégradé ou une portion particulièrement fréquentée peuvent suffire à compliquer sérieusement une étape.

En France, les cavaliers peuvent notamment utiliser GeoCheval, la carte interactive développée par la FFE et le Comité National de Tourisme Équestre [3].

Elle permet de rechercher des itinéraires équestres ainsi que différents points d’intérêt utiles à la préparation d’une randonnée (hébergements, points d’eau, étapes labellisées).

Le conseil ABC du Cheval : ne confiez jamais toute votre orientation à un seul outil. Regardez votre itinéraire dans son ensemble avant le départ, prévoyez une carte papier en secours, et familiarisez-vous avec votre système de navigation avant de partir — pas en selle, un jour de pluie, à un carrefour à cinq branches.

Balisage équestre : reconnaître les chemins destinés aux cavaliers

Lorsque vous randonnez, vous pouvez également rencontrer un balisage équestre.

La FFE-CNTE dispose de marques officielles destinées aux itinéraires de randonnée à cheval et en attelage. Elles matérialisent les parcours et contribuent aussi à signaler la présence de cavaliers aux autres usagers [4].

La formation des baliseurs équestres couvre d’ailleurs des sujets qui dépassent largement la simple pose d’une marque : orientation, environnement, sécurité et connaissance du statut des chemins [4].

Le balisage est précieux, mais il ne dispense pas de savoir où l’on se trouve.

Une marque peut être masquée par la végétation, détériorée, ou manquer précisément au croisement où vous auriez aimé la trouver.

PTV : préparer son cheval aux difficultés rencontrées en extérieur

En randonnée, le terrain n’a pas été aménagé pour votre cheval.

C’est exactement l’idée qui se cache derrière le Parcours en Terrain Varié du TREC.

Selon la FFE, le PTV se déroule sur un circuit de 300 mètres à 2 kilomètres comprenant des difficultés naturelles ou simulées inspirées de celles que l’on rencontre réellement dehors [1].

On y retrouve, selon les niveaux, une grande partie de ces obstacles de terrain :

Voir également

  • un tronc ou une haie à franchir,
  • un fossé ou un saut de fossé,
  • une passerelle ou un pont étroit,
  • un gué ou un passage d’eau,
  • un plan incliné, une montée et une descente raides,
  • un contre-bas ou un contre-haut,
  • un portail à ouvrir et refermer depuis le cheval,
  • des branches basses à passer,
  • une phase d’immobilité,
  • un reculer entre deux repères,
  • parfois la montée en van ou l’embarquement.

Chaque difficulté est jugée à la fois sur le style (l’aisance, l’équilibre, le calme du couple) et sur l’exécution — franchir n’est pas tout, il faut franchir bien.

Ce qui fait la valeur du PTV pour le randonneur, c’est qu’il ne s’agit pas de « dresser » le cheval à un obstacle précis, mais de développer une franchise raisonnée : un cheval qui accepte de regarder, de réfléchir, puis d’avancer là où on le lui demande, sans précipitation ni refus. C’est exactement le cheval que l’on veut sous la selle un jour de vraie randonnée, devant un gué gonflé par la pluie ou une barrière inattendue.

Préparer le cheval : condition physique et mental d’extérieur

Un cheval de randonnée ne s’improvise pas la veille du départ.

Deux chantiers avancent en parallèle : le physique et le mental.

Côté condition physique, une itinérance de plusieurs jours demande de l’endurance, du pied sûr et des aplombs entretenus. On prépare le cheval progressivement, en allongeant les sorties, en variant les terrains et en travaillant les montées et descentes, plutôt qu’en lui imposant d’un coup une grosse étape sur un cheval de carrière.

Côté mental, tout se joue dans l’exposition graduée : bruit, circulation, eau, bâches, ponts, autres animaux. Un cheval désensibilisé calmement, et non forcé, gagne une confiance qui tient la route le jour où survient l’imprévu. L’objectif n’est pas un cheval « qui ne bouge jamais », mais un cheval qui, s’il s’inquiète, cherche vos indications au lieu de fuir.

C’est là que randonnée et TREC se nourrissent l’un l’autre : le PTV donne un cadre pour travailler ces situations à la maison, et la randonnée les confirme en conditions réelles.

L’équipement du cavalier randonneur

L’équipement d’extérieur répond à trois exigences : le confort du cheval sur la durée, l’autonomie du cavalier et la sécurité.

Pour le cheval, on privilégie une selle adaptée à de longues heures, qui répartit bien le poids et préserve le dos, un tapis et des protections vérifiés (pas de frottements naissants), et une réflexion sur la protection des pieds : ferrure adaptée au programme, ou hipposandales pour les chevaux pieds nus sur terrains durs. Les sacoches de selle permettent d’emporter l’essentiel sans surcharger un côté.

Pour le cavalier, on emporte de quoi être autonome : eau, carte et boussole (en plus du GPS), petite trousse de secours humaine et équine, licol et longe sous le filet pour attacher ou tenir le cheval, un couteau, de quoi se couvrir et se protéger de la pluie. Un gilet de sécurité et des vêtements visibles ne sont jamais de trop dès qu’on emprunte des portions de route.

Le conseil ABC du Cheval : testez tout votre matériel sur des sorties courtes avant la grande étape. Une sacoche qui ballotte, une selle qui glisse ou une paire de bottes qui blesse ne se découvrent jamais aussi cruellement qu’au kilomètre 20.

Gérer l’effort et le bien-être du cheval sur plusieurs jours

En itinérance, le randonneur devient responsable de tout : l’allure, les pauses, l’eau, l’alimentation et la récupération.

On surveille l’hydratation (les points d’eau se préparent sur la carte), on adapte la ration à l’effort fourni, on ménage des pauses régulières et on descend de cheval pour soulager le dos dans les longues descentes.

Chaque soir, le rituel est le même : contrôler les aplombs et les pieds, passer la main sur le dos et les zones de contact du harnachement à la recherche du moindre point sensible, vérifier l’état général et l’appétit. Un cheval qui mange bien et récupère est un cheval prêt à repartir ; un dos qui chauffe ou un pied douteux, ça se règle le soir, pas au bord du chemin le lendemain.

C’est cette attention quotidienne, autant que la technique, qui distingue le randonneur aguerri.

Partir accompagné : voyages et randonnées organisés

On peut construire soi-même son itinéraire — et c’est une belle école. Mais certaines des plus belles aventures à cheval se vivent accompagné, en confiant la logistique, la connaissance du terrain et la sécurité à des professionnels du voyage à cheval.

Partir avec un organisateur, c’est accéder à des itinéraires que l’on ne trouverait pas seul, monter des chevaux du pays rompus au terrain, et se concentrer sur l’essentiel : le paysage, la monture et le plaisir d’avancer.

Un grand merci à Caval&Go

Je ne peux pas parler de randonnée sans remercier, personnellement, l’équipe de Caval&Go.

Créatrice de voyages à cheval sur mesure, en France et à l’étranger, née à Fontainebleau de la rencontre de trois passionnées — Phoebé, Virginie et Aurélie —, Caval&Go porte une charte éthique qui me parle profondément : le respect des hommes, des cultures, des animaux et de l’environnement. C’est exactement l’esprit dans lequel j’aime voyager à cheval.

Alors merci pour toutes ces randonnées géniales partagées avec vous : pour les chevaux, pour les chemins, pour les rencontres, et pour cette manière si juste de découvrir un territoire au pas d’un cheval. Chez ABC du Cheval, on croit que le monde se voit mieux à travers le cheval — et avec vous, il se voit très bien.

En selle

Du premier tour de forêt à la compétition de TREC, en passant par l’itinérance de plusieurs jours, la randonnée équestre est un long apprentissage — et l’un des plus beaux. Elle demande un cheval préparé, un cavalier autonome, un itinéraire pensé et un peu d’humilité face au terrain.

Le reste, c’est le chemin qui vous l’apprendra.

Sources

  • [1] Fédération Française d’Équitation — présentation et règlement de la discipline TREC (POR, Maîtrise des Allures, PTV ; distances et vitesses).
  • [2] Fédération Française d’Équitation — niveaux de compétition TREC (épreuves Club, dont la Club 2 comme niveau de découverte).
  • [3] GeoCheval — carte interactive des itinéraires de tourisme équestre (FFE / Comité National de Tourisme Équestre).
  • [4] FFE-CNTE — balisage des itinéraires équestres et formation des baliseurs.

Les données chiffrées (distances, vitesses, niveaux) sont susceptibles d’évoluer d’une saison à l’autre : vérifier le règlement FFE en vigueur avant toute échéance.

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