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Races de chevaux de course au galop : Pur-sang, AQPS, Cheval Arabe… histoire, lignées et champions

Races de chevaux de course au galop : Pur-sang, AQPS, Cheval Arabe… histoire, lignées et champions

Quelles sont les races de chevaux de course au galop ? Le Pur-sang anglais, ou Thoroughbred, domine les courses de plat internationales et occupe aussi une place majeure en obstacle. Mais il n’est pas seul : AQPS, Cheval Arabe, Anglo-Arabe et American Quarter Horse possèdent eux aussi une histoire intimement liée à la course.

À l’intérieur du Pur-sang, plus de trois siècles de sélection ont façonné des lignées recherchées pour la vitesse, la tenue, la précocité ou l’aptitude à certaines surfaces et distances. Les programmes de courses et les choix des éleveurs ont par ailleurs évolué différemment en Europe, aux États-Unis, en Australie ou au Japon.

Un sprinter australien, un champion américain du dirt et un gagnant du Derby d’Epsom appartiennent ainsi à la même race, tout en étant issus de sélections qui privilégient parfois des qualités opposées.

En obstacle, la France possède même une race dont l’histoire moderne est étroitement liée à cette spécialité : l’AQPS.

Race, pedigree, pays d’élevage, type de course : partons à la découverte des chevaux qui font le galop mondial.

Pour commencer par les disciplines et le fonctionnement des hippodromes, retrouvez notre dossier Courses hippiques : histoire, disciplines, chevaux de course et passion du turf sur ABC du Cheval.

Le Pur-sang anglais, la grande race mondiale des courses de galop

Dans les courses de galop, le Pur-sang anglais occupe une place à part.

France Galop rappelle que les chevaux de plat sont majoritairement des Pur-sang anglais. En obstacle, les Pur-sang côtoient notamment les AQPS et les Anglo-Arabes.

Le Pur-sang a été sélectionné pendant des générations pour la course. Mais cela ne signifie pas qu’il existe un modèle unique de Pur-sang. Selon les familles et les individus, les aptitudes s’expriment sur des distances et dans des conditions très différentes.

On parle de sprinters pour les spécialistes des courtes distances, de milers autour du mile (environ 1 600 mètres), et de stayers pour les chevaux capables de s’exprimer sur de longues distances. Entre ces extrêmes se trouvent les chevaux de distances intermédiaires et ceux qui tiennent les distances dites classiques, autour desquelles une partie de la sélection européenne s’est historiquement construite.

La race est donc la même. Ce sont les lignées et les individus qui se spécialisent.

Pourquoi le Pur-sang anglais a-t-il été créé pour la course ?

Pour comprendre le Pur-sang moderne, il faut remonter en Grande-Bretagne.

Aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, des juments britanniques furent croisées avec différents étalons importés. Leurs descendants furent ensuite sélectionnés génération après génération, notamment en fonction de leurs performances en course.

Trois étalons sont traditionnellement associés aux grandes lignées mâles fondatrices du Thoroughbred : Byerley Turk, Darley Arabian et Godolphin Arabian.

Attention toutefois au raccourci : cela ne signifie pas que l’ensemble du patrimoine génétique du Pur-sang descend de trois chevaux seulement. De nombreuses juments et d’autres reproducteurs ont participé à sa formation. Ces trois noms sont surtout fondamentaux dans l’histoire des lignées paternelles qui se sont perpétuées.

La course est progressivement devenue un outil de sélection : confronter les chevaux, identifier les meilleurs, puis utiliser certains d’entre eux comme reproducteurs. Et recommencer à la génération suivante.

Grande-Bretagne : le berceau historique du Thoroughbred

Impossible de parler des races de chevaux de course sans accorder une place particulière à la Grande-Bretagne.

Newmarket est devenu l’un des centres historiques du Pur-sang, et les grandes courses britanniques ont profondément influencé la sélection de la race. Les cinq Classics britanniques — 2 000 Guineas, 1 000 Guineas, Derby, Oaks et St Leger — sont devenus des références bien au-delà des frontières du Royaume-Uni. Le Derby d’Epsom a d’ailleurs donné son nom à quantité de grandes courses à travers le monde.

Mais l’une des contributions britanniques les plus importantes à l’histoire de la race n’est pas une course. C’est un livre.

Le General Stud Book et la naissance d’une généalogie rigoureuse

Pour sélectionner des chevaux sur plusieurs générations, encore faut-il connaître leurs origines.

Le premier General Stud Book est publié en 1791. Weatherbys en assure toujours la tenue pour les Pur-sang de Grande-Bretagne et d’Irlande.

Le pedigree devient alors un élément central de la sélection. On ne s’intéresse plus uniquement aux performances d’un cheval, mais aussi à celles de son père, de sa mère, de ses frères et sœurs et, progressivement, de familles entières. C’est ce qui explique l’importance considérable prise par les lignées dans l’univers des courses.

L’Irlande, l’une des plus grandes terres de Pur-sang au monde

Si la Grande-Bretagne est le berceau historique du Thoroughbred, l’Irlande est devenue une puissance exceptionnelle de son élevage.

Irish Thoroughbred Marketing présente aujourd’hui l’Irlande comme le premier producteur de Pur-sang en Europe et le troisième dans le monde, derrière les États-Unis et l’Australie. C’est considérable pour un pays de cette taille.

L’Irlande réunit élevages, haras d’étalons, ventes, entraînement et courses. Le Curragh et le comté de Kildare sont indissociables de cette culture du cheval. Et l’influence irlandaise concerne à la fois le plat et le National Hunt, c’est-à-dire l’univers des courses d’obstacles. Irish Thoroughbred Marketing souligne d’ailleurs le poids des étalons stationnés en Irlande dans les deux disciplines.

Voilà pourquoi le suffixe (IRE) revient si fréquemment derrière le nom des chevaux engagés dans les grandes courses internationales.

Northern Dancer, Sadler’s Wells, Galileo : comment naît une dynastie

Pour comprendre ce que signifie réellement le mot lignée, l’histoire de Northern Dancer est particulièrement parlante.

Northern Dancer est né au Canada et a brillé en Amérique du Nord. Mais son influence génétique a largement dépassé son continent. Parmi ses fils figurent plusieurs reproducteurs devenus majeurs, dont Sadler’s Wells, Danzig et Nureyev.

Sadler’s Wells a ensuite occupé une place immense dans l’élevage européen. Coolmore lui attribue un record de 14 titres de champion sire en Grande-Bretagne et en Irlande, avant que son fils Galileo, vainqueur du Derby, ne remporte à son tour 12 championnats d’étalons et ne devienne, toujours selon Coolmore, le premier étalon à engendrer 100 gagnants de Groupe 1.

On obtient ainsi une branche particulièrement célèbre :

Northern Dancer → Sadler’s Wells → Galileo → de nombreux fils et filles influents.

Parmi les fils de Galileo se trouve Frankel, invaincu en quatorze courses et devenu à son tour l’un des reproducteurs les plus recherchés au monde. Galileo, disparu en 2021, a par ailleurs ouvert une ère plus disputée : depuis sa mort, la tête de liste des étalons britanniques et irlandais a changé chaque année.

Mais attention : une grande lignée n’est jamais une garantie de champion. Le pedigree donne des indications sur un potentiel génétique ; il ne prédit pas à lui seul les performances d’un individu.

La France, autre grande terre européenne d’élevage du Pur-sang

Il serait très réducteur de présenter la France uniquement comme le pays de l’AQPS ou du Cheval Arabe. Elle appartient pleinement au grand bassin européen d’élevage du Pur-sang.

La Normandie en constitue l’un des grands territoires, tandis que Chantilly est intimement liée à l’entraînement et Deauville aux courses et aux ventes. Les grandes épreuves françaises participent elles aussi à la sélection : Poule d’Essai des Poulains, Poule d’Essai des Pouliches, Prix du Jockey Club, Prix de Diane, puis bien sûr le Prix de l’Arc de Triomphe, confrontation internationale des chevaux d’âge et de trois ans.

France, Grande-Bretagne et Irlande ne fonctionnent d’ailleurs pas comme trois élevages isolés. Les poulinières voyagent. Les étalons reçoivent des juments venues de plusieurs pays. Les yearlings sont vendus à des acheteurs étrangers, et un cheval né en Irlande peut parfaitement être entraîné en France avant de courir en Grande-Bretagne.

L’Europe constitue ainsi un immense bassin de bloodstock interconnecté.

L’Allemagne et ses lignées de Pur-sang

L’Allemagne possède un cheptel moins important numériquement que les principaux bassins irlandais, britannique ou français, mais elle a développé des familles de Pur-sang recherchées internationalement.

Le Deutsches Derby et le Grosser Preis von Baden comptent parmi les épreuves emblématiques de son programme. Son influence s’observe aussi à travers certaines lignées et certains reproducteurs, Monsun constituant l’un des exemples modernes les plus connus.

C’est un rappel important : la qualité et l’influence d’un élevage ne se mesurent pas uniquement au nombre de poulains produits.

États-Unis : une sélection marquée par le dirt

Aux États-Unis, nous retrouvons toujours le même Thoroughbred. Mais le programme de courses est différent.

Alors que les grandes épreuves européennes se disputent principalement sur gazon, le dirt occupe une place essentielle dans les grandes courses américaines. Le Kentucky Derby, les Preakness Stakes et les Belmont Stakes constituent les trois épreuves de la Triple Couronne. La Breeders’ Cup permet quant à elle de confronter chaque année les meilleurs chevaux dans différentes catégories.

Le Kentucky, terre d’élevage

Les États-Unis ne sont évidemment pas seulement une puissance des courses : ils constituent aussi l’un des principaux producteurs mondiaux de Pur-sang, et le Kentucky en est le territoire emblématique.

L’élevage américain a produit des courants de sang qui se sont ensuite diffusés dans le monde entier. Mr. Prospector en constitue un exemple particulièrement important. Et l’histoire fonctionne dans les deux sens : des lignées américaines ont transformé l’Europe, tandis que des familles européennes ont continuellement enrichi le cheptel américain.

Australie : une immense terre de courses… et d’élevage

L’Australie ne doit surtout pas être présentée uniquement à travers la Melbourne Cup.

Elle constitue une très grande puissance mondiale de l’élevage du Pur-sang : Irish Thoroughbred Marketing la classe d’ailleurs devant l’Irlande en volume de production. Son programme accorde une place considérable aux courses de vitesse sur gazon, ce qui donne une forte valeur commerciale aux chevaux dotés de vitesse et de précocité.

Mais l’Australie ne se résume pas aux sprinters. La Melbourne Cup est au contraire l’une des grandes courses de tenue du calendrier, tandis que la Cox Plate occupe une autre place prestigieuse. Des champions comme Black Caviar et Winx ont marqué l’histoire récente des courses australiennes. La Nouvelle-Zélande possède elle aussi une importante tradition d’élevage, et les échanges entre les deux pays sont nombreux.

Les shuttle stallions : deux saisons de monte dans la même année

L’élevage austral présente une particularité liée aux saisons inversées entre hémisphères Nord et Sud. Certains étalons effectuent une saison de monte dans l’hémisphère Nord, puis voyagent vers l’Australie pour la saison de reproduction australe.

Ces shuttle stallions ont accéléré les échanges génétiques entre Europe et Australie : un même reproducteur peut laisser des descendants dans les deux hémisphères.

Japon : de l’importation de reproducteurs à une puissance mondiale

L’évolution japonaise est sans doute l’un des exemples les plus spectaculaires de sélection moderne du Pur-sang.

La Japan Racing Association explique que la création de la Japan Cup, en 1981, s’inscrivait notamment dans la volonté d’améliorer les chevaux élevés au Japon grâce à l’introduction d’étalons et de poulinières étrangers de qualité. Aujourd’hui, les chevaux japonais gagnent au plus haut niveau international.

Le cœur de cette industrie se situe à Hokkaido : en 2024, 691 des 759 élevages japonais possédant des poulinières Pur-sang y étaient installés, soit 91 %.

Et un cheval allait bouleverser cette histoire.

Sunday Silence → Deep Impact → Kizuna

Champion américain, Sunday Silence fut exporté au Japon et y devint un étalon majeur. Il fut tête de liste des étalons japonais treize années consécutives, de 1995 à 2007.

Son fils Deep Impact occupa ensuite cette première place onze années consécutives, de 2012 à 2022.

Puis, en 2024, Kizuna, fils de Deep Impact, devint à son tour tête de liste — et l’est resté en 2025. Il s’agissait de la première succession de trois générations de champions étalons enregistrée au Japon :

Sunday Silence → Deep Impact → Kizuna.

Voilà un exemple presque parfait de l’évolution d’une lignée sous l’effet d’un programme national d’élevage.

Le Pur-sang en obstacle : Grande-Bretagne, Irlande et France

Le Pur-sang n’est pas uniquement un cheval de plat. Il occupe une place considérable dans les courses d’obstacles, particulièrement en Grande-Bretagne, en Irlande et en France.

Le National Hunt racing britannique et irlandais possède sa propre culture, ses élevages et ses grands rendez-vous, parmi lesquels Cheltenham et Aintree. En obstacle, la vitesse reste nécessaire, mais d’autres qualités deviennent déterminantes : tenue, équilibre, aptitude au saut et capacité à répéter les efforts. Certains Pur-sang sont élevés avec le National Hunt comme objectif ; d’autres sont réorientés vers l’obstacle après avoir couru en plat.

Et c’est ici que la France possède une particularité passionnante.

L’AQPS : une race française façonnée par l’obstacle

AQPS signifie historiquement Autre Que Pur-Sang. Mais il faut être particulièrement prudent avec cette appellation, car son histoire a évolué.

Les AQPS sont historiquement issus de croisements faisant largement intervenir le Pur-sang avec d’autres populations françaises (Selle français, Anglo-arabe…), puis de générations de sélection tournées vers les courses et notamment l’obstacle. Cette population a fini par acquérir son propre statut.

L’Association AQPS situe la création de la race et du stud-book au 11 février 2005. Les premiers chevaux reconnus comme AQPS selon ce nouveau cadre sont nés en 2006. Le règlement du stud-book précise que l’appellation AQPS est réservée aux animaux nés à partir de 2006 et inscrits au stud-book français du cheval AQPS, avec un pourcentage de sang Pur-sang supérieur à 87,5 % mais inférieur à 100 %. L’association explique aussi que le sigle est devenu associé au « French Chaser » dans le monde anglophone.

Autrement dit, l’AQPS moderne est bien davantage qu’un vague « cheval autre que Pur-sang ». C’est une race dotée d’un stud-book et d’une sélection historiquement orientée vers l’obstacle.

Sprinter Sacré, Quevega, Neptune Collonges : quand la sélection française nourrit les grands steeple-chases

L’histoire prend tout son sens lorsqu’on regarde les champions issus de cette filière. Sprinter Sacré, Quevega, Neptune Collonges, Silviniaco Conti, Sir des Champs ou Vroum Vroum Mag comptent parmi les ambassadeurs les plus souvent associés à l’AQPS et au French Chaser. Deux nuances méritent toutefois d’être posées.

D’abord, cette réputation tient à une notoriété largement partagée dans la presse spécialisée et le milieu de l’obstacle, plus qu’à un palmarès officiel arrêté par l’Association. Ensuite, certains de ces cracks — Neptune Collonges (né en 2001) et Quevega (née en 2004) — sont antérieurs au stud-book de 2005 : « AQPS » désigne alors la tradition d’élevage du French Chaser, ce croisement français tourné vers l’obstacle, plutôt que l’appellation officielle, réservée aux nés à partir de 2006. C’est précisément cette continuité entre une tradition ancienne et une race récemment formalisée qui fait la singularité de l’AQPS.

Ces noms sont d’autant plus intéressants que beaucoup sont devenus célèbres outre-Manche :

  • Sprinter Sacré (né en 2006, par Network et Fatima III), entraîné par Nicky Henderson, a compté parmi les grands deux-milers de steeple de sa génération, avec la Queen Mother Champion Chase (Gr.1) de Cheltenham à son palmarès, notamment lors de l’édition 2016 (Equidia).
  • Quevega, fille de Robin des Champs élevée dans l’Allier et entraînée par Willie Mullins, est entrée dans l’histoire de Cheltenham : six victoires consécutives dans le Mares’ Hurdle (2009-2014), ce qui fait d’elle la seule sauteuse à signer six succès au Festival, dépassant le record de cinq de Golden Miller (France Sire).
  • Silviniaco Conti (né en 2006, par le pur-sang Dom Alco et la jument Selle français Gazelle Lulu), entraîné par Paul Nicholls, a été l’un des meilleurs stayers de steeple de sa génération : sept victoires de Groupe 1, dont une double King George VI Chase (2013 et 2014) et une double Bowl d’Aintree (2014 et 2015). Son étiquette de race varie d’ailleurs selon les sources — AQPS pour Equidia, Selle français pour d’autres —, ce qui illustre à merveille la frontière poreuse dont l’AQPS est issu. Il partage son père, Dom Alco, avec Neptune Collonges : une même souche pour deux grands sauteurs français.
  • Sir des Champs (né en 2006, par Robin des Champs et Liste en Tête), passé de la France à l’Irlande où l’entraînait Willie Mullins, s’est imposé au plus haut niveau : Jewson Novices’ Chase à Cheltenham (2012), Hennessy Gold Cup irlandaise et Punchestown Gold Cup (2013), avant une deuxième place dans le Cheltenham Gold Cup 2013, derrière Bobs Worth. Détail savoureux pour qui aime les lignées : il partage son père, Robin des Champs, avec Quevega — mais, né en 2006 quand elle l’était en 2004, il porte l’appellation AQPS officielle là où elle relève de la tradition. Même étalon, même souche de sauteurs : la ligne de partage est administrative, non biologique.
  • Vroum Vroum Mag, jument française entraînée par Willie Mullins et associée à Ruby Walsh, a remporté le David Nicholson Mares’ Hurdle à Cheltenham en 2016, puis la Punchestown Champion Hurdle la même année — où, en s’imposant face à des mâles, elle a démontré une belle polyvalence (BBC Sport / WP Mullins).
  • Neptune Collonges a remporté le Grand National d’Aintree en 2012, au terme du finish le plus serré de l’histoire de l’épreuve, devenant le premier cheval gris à s’imposer dans la course depuis 1961.

Cette réussite illustre une particularité importante de la filière : des chevaux issus de l’élevage AQPS français trouvent en Grande-Bretagne et en Irlande un immense débouché sportif, grâce à la puissance du programme National Hunt.

Le Cheval Arabe : une race de course à part entière

Le Cheval Arabe ne doit surtout pas être présenté uniquement comme un ancêtre ayant participé à la formation du Pur-sang anglais. C’est une race dotée de sa propre histoire, de ses propres lignées et de son propre circuit de courses.

Pour ABC du Cheval, nous employons ici l’appellation « Cheval Arabe », conformément à la terminologie de la Société Hippique Française sur sa page consacrée à l’Association du Cheval Arabe.

Il faut aussi écarter une idée reçue : parce que le Cheval Arabe est réputé pour son endurance dans de nombreuses disciplines, ses courses ne se réduisent pas à des « courses d’endurance au galop ». Il existe une véritable sélection de Chevaux Arabes de course, avec ses reproducteurs et ses familles.

La France et le Moyen-Orient au cœur des courses de Chevaux Arabes

La géographie du Cheval Arabe de course relie particulièrement la France et le Moyen-Orient.

La France possède depuis longtemps des élevages et des lignées spécialisés dans la course. Le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite jouent également un rôle majeur dans le circuit contemporain. L’IFAHR (Fédération internationale des autorités de courses de Chevaux Arabes) rassemble précisément les différents acteurs de ce circuit international, et ses statistiques montrent le poids des grands propriétaires et élevages qataris et émiratis.

Le Qatar occupe une place particulièrement visible avec ses investissements dans les courses de Chevaux Arabes et de Pur-sang. Les Émirats arabes unis disposent eux aussi d’un important programme de courses des deux races. L’Arabie saoudite associe une histoire équestre ancienne à une montée en puissance récente dans les grandes courses internationales de Thoroughbreds.

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Il faut toutefois distinguer deux phénomènes : organiser et financer de grandes courses n’est pas la même chose qu’être l’un des principaux bassins mondiaux de production de Pur-sang. C’est pourquoi Qatar, Émirats et Arabie saoudite ne doivent pas être placés sur le même plan que l’Irlande, les États-Unis ou l’Australie lorsqu’on parle du volume d’élevage du Thoroughbred.

Des lignées célèbres chez le Cheval Arabe de course

Le Cheval Arabe possède lui aussi ses grandes familles et ses reproducteurs influents. Dans l’histoire moderne des courses, des étalons comme Manganate, Dormane ou Dahess apparaissent régulièrement dans les pedigrees de chevaux de haut niveau.

Et certaines filiations permettent de saisir concrètement la transmission d’une lignée de course. L’exemple contemporain le plus spectaculaire est sans doute :

Dahess → Al Mourtajez → Al Ghadeer.

Al Mourtajez, fils de Dahess, a remporté deux fois la Qatar Arabian World Cup, en 2015 et 2016. Son fils Al Ghadeer est allé encore plus loin. Le 5 octobre 2025, à ParisLongchamp, il est devenu, selon France Galop, le premier cheval à remporter trois fois consécutivement la Qatar Arabian World Cup — le championnat du monde des Pur-sang arabes — après ses succès de 2023, 2024 et 2025.

Détail savoureux pour qui aime les lignées : son principal rival cette année-là, HM Alchahine, est lui aussi un fils d’Al Mourtajez. Autrement dit, un même étalon aura produit les deux meilleurs pur-sang arabes de course de leur génération. Al Ghadeer, retiré des pistes, entame quant à lui sa carrière d’étalon dès la saison 2026.

Voilà un exemple particulièrement parlant de ce que signifie une lignée de Chevaux Arabes de course. La race n’est pas seulement conservée : elle fait l’objet d’une sélection sportive au fil des générations.

L’Anglo-Arabe : entre Pur-sang et Cheval Arabe

L’Anglo-Arabe est historiquement issu du croisement entre le Pur-sang anglais et le Cheval Arabe. Son histoire est particulièrement liée à la France, notamment au Sud-Ouest.

Mais là encore, évitons le raccourci classique consistant à dire que l’Anglo-Arabe aurait automatiquement « la vitesse du Pur-sang et l’endurance de l’Arabe ». Après plusieurs générations de sélection, l’Anglo-Arabe possède sa propre identité généalogique et son propre stud-book.

France Galop confirme la présence des Anglo-Arabes dans les courses d’obstacles et l’existence d’un programme plus réduit en plat. Les programmes français comportent d’ailleurs des courses définies selon l’inscription au stud-book Anglo-Arabe et le pourcentage de sang arabe.

L’American Quarter Horse : sélectionné pour l’accélération

Avec l’American Quarter Horse, nous changeons complètement de type de course.

La race américaine est historiquement associée aux courses de très courte distance. Son nom renvoie au quart de mile, soit environ 402 mètres. Le Quarter Horse de course est ainsi sélectionné pour des efforts très différents de ceux demandés à un Pur-sang dans le Derby d’Epsom ou dans l’Arc.

L’accélération et la vitesse sur courte distance y prennent une importance considérable, ce qui explique le modèle généralement beaucoup plus puissant et musclé des chevaux spécialisés dans ces épreuves. Toutes les courses de Quarter Horses ne se déroulent toutefois pas exactement sur un quart de mile : différentes distances sont proposées.

C’est sans doute l’un des meilleurs exemples pour comprendre une règle essentielle de l’élevage sportif : quand le type de course change radicalement, le cheval recherché change lui aussi.

Pourquoi les lignées de Pur-sang évoluent-elles selon les pays ?

C’est probablement la question la plus intéressante de tout le sujet.

Le stud-book définit la race. Le programme de courses exerce ensuite une pression de sélection à l’intérieur de cette race.

  • En Grande-Bretagne, Irlande et France, les grandes courses sur gazon et les Classics ont historiquement valorisé certains reproducteurs.
  • Aux États-Unis, la place du dirt et les caractéristiques du programme ont favorisé une culture de sélection différente.
  • En Australie, le prestige et la valeur économique des grandes courses de vitesse donnent une importance particulière aux familles capables de transmettre vitesse et précocité, sans empêcher un programme de tenue.
  • Au Japon, l’importation de reproducteurs étrangers, suivie d’une sélection intensive, a progressivement produit des lignées japonaises capables de gagner dans le monde entier.
  • En Grande-Bretagne et en Irlande, le National Hunt entretient parallèlement un véritable marché d’élevage destiné à l’obstacle.
  • En France, la sélection historique de l’AQPS constitue un cas particulièrement intéressant de spécialisation.

Restons toutefois prudents : parler de « lignée de vitesse américaine » ou de « lignée de tenue européenne » comme s’il s’agissait de catégories génétiques absolues serait faux. Les échanges internationaux sont aujourd’hui considérables.

Le Pur-sang moderne n’a plus vraiment de frontières

Le pedigree d’un cheval contemporain peut raconter une véritable histoire du monde. Un poulain né en France peut être issu d’un étalon stationné en Irlande et d’une mère dont le père est américain. Un cheval japonais peut descendre d’un étalon américain croisé avec une famille européenne. Un reproducteur européen peut produire des descendants dans l’hémisphère Nord et en Australie.

Le pays de naissance ne suffit donc pas à définir le « type » d’un cheval. C’est aussi pourquoi le terme bloodstock revient constamment dans l’univers des courses : derrière les chevaux présents sur l’hippodrome existe toute une économie internationale des étalons, poulinières, foals, yearlings, ventes et pedigrees.

Plat ou obstacle : pourquoi ne recherche-t-on pas les mêmes qualités ?

Un sprint, une course classique de 2 400 mètres et un steeple-chase ne sollicitent pas le cheval de la même manière.

Sur les distances courtes, vitesse et accélération priment. Lorsque la distance augmente, la capacité à soutenir l’effort devient déterminante. En obstacle s’ajoutent l’équilibre, la technique de saut et la capacité à répéter les efforts.

Mais aucune de ces qualités ne dépend exclusivement de la race. Le pedigree, la conformation, l’entraînement, le tempérament, l’état de santé, la surface et les conditions de course participent tous au résultat.

Quelles sont les principales races de chevaux de course au galop ?

RaceTypes de coursesOrientation de la sélectionPrincipales régions
Pur-sang anglaisPlat et obstacleVitesse, tenue, précocité ; spécialisation selon les lignéesEurope, États-Unis, Australie / Nouvelle-Zélande, Japon, monde entier
AQPSSurtout obstacle, aussi platSélection historiquement orientée vers l’obstacleFrance ; nombreux débouchés en Grande-Bretagne et Irlande
Cheval ArabeCourses de plat réservées à la raceLignées spécifiquement sélectionnées pour la courseFrance, Moyen-Orient, circuit international
Anglo-ArabePlat et obstacleSélection propre à la population Anglo-ArabeFrance notamment
American Quarter HorseCourses de plat très courtesAccélération et vitesseÉtats-Unis et autres pays des Amériques

Ce tableau donne des tendances générales. Il ne permet évidemment pas de prédire les aptitudes d’un cheval à partir de sa seule race.

Et les courses de poneys ?

Les poneys ont eux aussi leur place dans l’univers des courses. Le pony racing, notamment développé en Grande-Bretagne et en Irlande, constitue pour certains jeunes cavaliers une première découverte des techniques propres aux courses.

En revanche, il faut rester prudent lorsqu’on cherche à attribuer ces courses à des races précises. Le circuit britannique utilise des catégories fondées sur la taille des poneys (138 cm et moins, 148 cm et moins). Il serait hasardeux d’affirmer, sans statistiques officielles suffisamment solides, que les Welsh, Connemara ou une autre race dominent le pony racing : différentes races et différents croisements y participent.

Ici, la catégorie sportive ne correspond donc pas à une race.

Des champions pour raconter l’histoire des races et des lignées

Quelques chevaux résument à eux seuls trois siècles de sélection.

Chez le Pur-sang, Northern Dancer raconte le passage de l’Amérique du Nord à l’Europe ; Sadler’s Wells puis Galileo illustrent l’influence considérable de l’élevage irlandais ; Sunday Silence, Deep Impact et Kizuna racontent la transformation du Japon ; Black Caviar et Winx témoignent de la puissance australienne.

Chez l’AQPS et, plus largement, l’élevage français d’obstacle, Sprinter Sacré, Quevega, Neptune Collonges, Silviniaco Conti, Sir des Champs ou Vroum Vroum Mag montrent combien cette filière a nourri les grandes courses britanniques et irlandaises.

Chez le Cheval Arabe, la succession Dahess → Al Mourtajez → Al Ghadeer illustre de manière particulièrement lisible la construction d’une lignée moderne de course, Al Ghadeer ayant établi en 2025 le record de trois Qatar Arabian World Cups consécutives.

Ces champions ne prouvent jamais qu’un pedigree produira automatiquement le cheval suivant. Ils montrent en revanche comment la performance influence l’élevage, puis comment l’élevage influence les générations suivantes.

Races de chevaux de course : ce qu’il faut retenir

Le Pur-sang anglais est devenu la grande race mondiale des courses de galop. Né de plusieurs siècles de sélection britannique, il s’est diffusé sur tous les continents.

L’Europe reste l’un de ses grands territoires d’élevage : la Grande-Bretagne en est le berceau historique ; l’Irlande, le premier producteur européen ; la France possède une très importante tradition ; l’Allemagne a développé des familles reconnues internationalement. Les États-Unis ont bâti leur propre culture autour du dirt et du Kentucky. L’Australie constitue une autre immense puissance d’élevage. Le Japon est passé en quelques décennies du recours massif aux reproducteurs importés à une sélection capable de produire des champions internationaux.

Ils existent d’autres races que l’on retrouve en courses. L’AQPS témoigne de la spécialisation française pour l’obstacle. Le Cheval Arabe possède ses propres lignées et un circuit international reliant la France et le Moyen-Orient. L’Anglo-Arabe conserve son programme spécifique. Le Quarter Horse représente une sélection poussée vers la vitesse sur de très courtes distances.

Finalement, pour comprendre un cheval de course, connaître sa race n’est qu’un début. Il faut ensuite regarder son pedigree, sa famille, le programme de courses pour lequel ses ascendants ont été sélectionnés et les grands bassins d’élevage qui ont façonné cette lignée.

Car depuis plus de trois siècles, le principe reste sensiblement le même : les chevaux courent, les meilleurs se distinguent, certains deviennent reproducteurs, et leurs descendants sont à leur tour confrontés sur les hippodromes. Les courses sélectionnent les chevaux ; les éleveurs transforment ces résultats en générations futures.

À lire aussi sur le blog

Sources principales

  • Weatherbys — General Stud Book (1791) et tenue du registre des Pur-sang GB/IRL.
  • Irish Thoroughbred Marketing — rang de l’Irlande dans l’élevage du Thoroughbred.
  • France Galop — chevaux de course ; Al Ghadeer, premier triple lauréat de la Qatar Arabian World Cup (5 octobre 2025).
  • Coolmore — 14 championnats de Sadler’s Wells, 12 de Galileo, premier étalon à 100 gagnants de Groupe 1.
  • Japan Racing Association — Japan Cup (1981), élevage à Hokkaido (691/759 élevages en 2024), Sunday Silence (1995-2007) et Deep Impact (2012-2022) têtes de liste.
  • BloodHorse / Thoroughbred Daily News — Kizuna, tête de liste 2024 et première succession sur trois générations au Japon.
  • France Sire — carrière et record de Quevega au Festival de Cheltenham (six victoires consécutives dans le Mares’ Hurdle).
  • Equidia — fiche et palmarès de Sprinter Sacré (Queen Mother Champion Chase, Gr.1) ; fiche de Silviniaco Conti (classé « AQ », soit AQPS).
  • Racing Post / presse spécialisée britannique — palmarès de Silviniaco Conti : double King George VI Chase (2013, 2014), double Bowl d’Aintree (2014, 2015), sept victoires de Groupe 1.
  • BBC Sport / WP Mullins (palmarès officiel) — Vroum Vroum Mag : David Nicholson Mares’ Hurdle (Cheltenham, 2016) et Punchestown Champion Hurdle (2016).
  • Association AQPS — création du stud-book (11 février 2005), premiers produits nés en 2006, règles d’inscription (sang Pur-sang > 87,5 %).
  • IFAHR — circuit international des courses de Chevaux Arabes.
  • Société Hippique Française — Association du Cheval Arabe (terminologie).
  • Al Shaqab Racing / Al Shaqab Arabians — pedigrees Dahess, Al Mourtajez, Al Ghadeer.
  • Mot-clé principal : races de chevaux de course
  • Mots-clés secondaires : Pur-sang anglais, AQPS, Cheval Arabe, Anglo-Arabe, American Quarter Horse, lignées, élevage, Thoroughbred, courses de galop
  • Titre SEO (≤ 60 car.) : Races de chevaux de course : Pur-sang, AQPS, Arabe (50 car.)
  • Méta-description (≤ 155 car.) : Pur-sang, AQPS, Cheval Arabe, Anglo-Arabe, Quarter Horse : histoire, lignées, élevages et champions des races de course au galop. (127 car.)
  • Slug proposé : races-chevaux-course-galop

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