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Intoxication au Seneçon Jacobée

Intoxication au Seneçon Jacobée

senecon jacobée

Intoxication

L’intoxication se fait suite à l’ingestion du Séneçon dans le pré (toutes les parties de la plante sont toxiques), ou alors séchée dans le foin (la plante est plus appétante séchée). Les chevaux la consomment volontiers, surtout lorsqu’elle est en fleurs, en plein été.

Toxicité

La toxicité du Séneçon est due à la présence d’alcaloïdes pyrrolizidiniques qui sont hépato-toxiques.

La toxicité est dose dépendante, c’est-à-dire qu’elle se manifeste suite à l’ingestion cumulée d’une certaine quantité de Séneçon, suite une période variable. La dose mortelle correspondrait à environ 3% à 5% du poids du cheval (soit 15 à 25 Kg pour un cheval de 500 Kg). L’intoxication est donc possible avec l’ingestion de 50 à 300g/j pendant 7 à 8 semaines, ou alors d’une quantité moindre sur une période plus longue .

Quelques tiges grignotées de-ci de-là suffisent et après plusieurs mois ou années, votre cheval dépérit et personne ne sait pour quoi, le vétérinaire ne peut plus rien..

Cela peut prendre seulement quelques semaines !!

Le plus souvent, l’intoxication est chronique : les signes cliniques n’apparaissent que plusieurs mois après l’ingestion, et parfois même quand le cheval n’est plus en contact avec la plante.

Signes Cliniques

Les signes cliniques possibles sont ceux d’une insuffisance hépatique :

  • amaigrissement chronique, léthargie et baisse d’appétit ou anorexie
  • coliques récidivantes et ictère (muqueuses jaunes), ataxie
  • photosensibilisation en été
  • signes d’encéphalose hépatiques au stade terminal, et mort

Le pronostic dépend de la quantité de Séneçon ingérée par rapport au poids du cheval et à la sensibilité de celui ci, mais il est toujours très réservé (environ 60% de mortalité).

Les chevaux qui survivent suite à une intoxication au Séneçon ont en fait généralement présenté des signes cliniques modérés. Et si leur pronostic vital est préservé, leur pronostic sportif est souvent mauvais (intolérance à l’effort…)

Il n’y a pas de traitement réellement efficace, les lésions hépatiques sont irréversibles. Leur gravité dépend de la quantité ingérée.

Seul un traitement symptomatique peut être mis en place : modification de l’alimentation (riche en glucides et pauvre en protéines), fractionnement des repas, drainant hépatique, perfusions…

Donc, le seul traitement efficace est la prévention : bilans sanguins biochimiques de tous les chevaux ayant pu être en contact avec la plante, et surtout l’arrachage systématique de tous les plants quel que soit le stade de végétation.

L’arrachage

Il faut absolument prévenir l’ingestion du séneçon par les chevaux.

Le moyen le plus efficace à ce jour est l’arrachage systématique de chaque pied dans les pâtures et les parcelles destinées à la récolte du foin.

L’arrachage doit s’effectuer au stade de jeune plantule ou à la floraison, mais doit être évité en période de fructification où la manipulation de la plante provoquerait la dissémination des graines.

Ce qui signifie que pour éviter l’arrivée puis extension du séneçon, il faut entretenir les prairies !

Et bien sûr, il faut limiter le surpâturage : les chevaux, manquant de diversité vont ingérer, par dépit, cette plante même si il ne l’aime pas.

Semer les pâture avec du raygrass anglais ou du trèfle blanc qui, par leur fort pouvoir de recouvrement, limitent l’installation des séneçons.

Notons que l’utilisation de désherbants sélectifs contre les Dycotylédones n’est pas très efficace, la plante repoussera grâce aux graines disséminées.

L’intoxication au Seneçon peut être mortelle pour les chevaux, d’autant plus que lorsque les premiers signes cliniques apparaissent, les lésions hépatiques sont déjà installées et irréversibles.

senecon jacobée

L’air est tiède et chargé des arômes que toutes les plantes diffusent en ce printemps tropical, c’est très agréable de faire corps avec la Nature.

Je vois de loin les têtes des Séneçons fièrement portées par les tiges violettes bien reconnaissables.

Cette plante est tellement résistante qu’elle est la seule à rester debout même après des pluies diluviennes.

Depuis 6 ans, j’observe l’évolution de la dissémination de la belle fleur. On m’a rapporté qu’un propriétaire de chevaux à une dizaine de kilomètres de chez moi est obligé d’acheter son foin, car il ne peut plus le faire sur ses propres parcelles, celles-ci sont infestées de Séneçon.

Le long des routes, des chemins, sur les rond-points, elle pousse partout, et se ressème.

Voir également

Aussi, quand je suis à pieds ou à vélo, j’arrache. J’en ai trouvé en décembre et en février !!!

Plusieurs fois dans l’année, en fait, quand j’aperçois la plante, je fais un tour avec un grand sac poubelle et j’arrache avec précaution, afin de récupérer un maximum des racines (celles-ci souvent rattachées à une sorte de rhizome), et surtout je les range tête en bas dans le sac afin qu’aucun graines de soient re-déposées.

Ainsi, depuis 2009, je constate le recul de la présence de la plante, au moins 3 fois moins qu’au début. Bien sur, je ne parviens pas à tout éliminer, 13 hectares, ça fait grand à entretenir. C’est pour cela que, j’en trouve encore, toujours dans les même zones,. Ceux qui n’ont rien fait sont aujourd’hui envahis et leurs chevaux forcément lourdement intoxiqués.

Méconnaissance et information

L’année passée, je me suis rendue à une réunion de village annuelle, j’ai arraché au bord de la route quelques tiges, et, munie de photos et articles, j’ai interpellé Monsieur le Maire. Celui-ci m’a laissé le micro pour présenter à tous (habitants de la commune, journaliste local, agriculteurs, randonneurs..) ce qui devrait devenir bientôt une cause nationale.

Les esprits ont été frappés, surtout lorsque j’ai dit que les dégâts ne pouvaient être détectables que trop tard et qu’ils étaient irréversibles, et que ça touche tous les animaux susceptibles de l’ingérer, que les vétérinaires ne pouvaient rien, que le seul moyen d’enrailler cela c’est que tout le monde s’y mette, en parle et l’arrache.

Le maire m’a remerciée et m’a dit qu’il se renseignerait auprès de ses cantonniers pour endiguer la dissémination le long des routes de la commune, qu’il en parlerait à d’autres maires. Il a également demandé à la journaliste de transmettre à sa rédaction afin de passer un article.

Je crois qu’on devrait mettre à notre calendrier plusieurs journées dans l’année consacrées à l’arrachage. On pourrait prévoir la venue de la famille et des amis, et en faire un prétexte pour passer une journée à profiter de la nature.

Ainsi, chacun pourrait apprendre à reconnaître la plante et repartir chez soi diffuser l’information et continuer à arracher partout où il en trouve.

C’est intéressant, car c’est une initiation à la botanique qui vous fera découvrir des richesses insoupçonnées comme le millepertuis qui lui ressemble un peu, l’achillée millefeuille, le gaillet gratteron, autant de bonnes plantes médicinales que vous pouvez récolter pour vous faire des tisanes, des huiles, des baumes….

Attention, j’ai testé pour vous !!

J’ai tout essayé :

  • couper la renforce : et la plante repousse avec encore plus de fleurs
  • broyer : cela dissémine les graines et la fait repousser avec encore plus de tiges
  • arracher et laisser sur place : la plante est tellement vivace qu’elle continue son cycle et déposera ses graines à maturité.

Évacuation :

Il n’y a qu’une seule solution : les mettre à la poubelle dans un sac noir ; celui-ci sera soit enfouit en profondeur sous des tonnes de déchets, soit incinéré.

  • Ne pas arracher :  il y aura un envahissement des espaces par la plante. Même un labourage suivi du semage d’une prairie n’y viendra pas à bout, les graines peuvent résister dans le sol pendant des années (les graines de chardons peuvent conserver le pouvoir de germination 150 ans !!)
  • Arracher et les laisser sur place, vous avez compris, elles continueront à produire des graines
  • Les mettre au fumier : idem et les graines seront re-disséminées lors de l’épandage
  • Faire brûler : d’abord les feux sont maintenant interdits et de plus, les graines peuvent encore se disséminer
  • Mettre à la déchetterie dans la benne végétaux : dissémination ultérieures

VOILA POUR L’ESSENTIEL !!!

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