1980, Porte de Versailles : le Championnat du Monde du Cheval Arabe, une initiative française
Laurence Boccard dirige la rédaction d'ABC du Cheval, qu'elle a…
Christianne Chazel, témoin et actrice de son développement
En 1980, au cœur du Salon du Cheval de Paris, Porte de Versailles, naît un concours d’un genre nouveau : une compétition internationale entièrement dédiée au pur-sang arabe. L’initiative est française, et l’ambition, limpide — promouvoir le cheval arabe en France et dans le monde.
Dès l’origine, le projet ne repose pas sur une logique de gains. Sa vocation est ailleurs : reconnaître la qualité. Sélectionner les meilleurs reproducteurs, distinguer les étalons et les juments d’exception, mettre en lumière leurs produits et offrir aux élevages une visibilité internationale. En quelques éditions, le concours devient une vitrine de l’excellence morphologique et génétique de la race.
Une aventure française devenue mondiale
À ses débuts, le championnat porte l’empreinte des grands élevages européens ; la France, berceau de l’initiative, en accueille l’élite. Les États-Unis, dont les haras occupent une place majeure dans l’histoire moderne de la race, rejoignent rapidement la compétition.
Puis la carte se redessine. À partir des années 2000, les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient — le Maroc, la Jordanie, d’autres encore — prennent une part croissante à l’événement. Dans les années 2010, et plus nettement autour de 2020, les pays du Golfe s’imposent à leur tour parmi les acteurs majeurs, confirmant définitivement la dimension mondiale du concours.

Christianne Chazel, dans les coulisses
C’est dans cette aventure collective que s’inscrit le parcours de Christianne Chazel. Elle n’est pas à l’origine du championnat — elle est la première à le rappeler —, mais elle appartient à celles et ceux qui en ont accompagné le développement.
Alors présidente de l’ACA, elle siégeait au comité de pilotage de l’événement, où se retrouvaient les représentants des instances du cheval arabe, les organisateurs du salon et les responsables du concours. Un travail de coordination discret — le choix des juges, mille détails d’organisation — loin des projecteurs des rings de présentation.
Elle raconte volontiers que son implication doit beaucoup au hasard d’une rencontre :
« Une des choses qui a fait que je suis rentrée beaucoup plus dans l’organisation du Championnat du Monde, c’est ce restaurant. »
Comme quoi, parfois, les grands rendez-vous équestres tiennent aussi à peu de choses — et se construisent d’abord grâce à des femmes et des hommes qui leur donnent du temps, de l’énergie et de la passion.
Un héritage vivant en 2026
Plus de quarante-cinq ans après sa première édition parisienne, le Championnat du Monde du Cheval Arabe — aujourd’hui reconnu par l’ECAHO et organisé par le CENECA dans le cadre du Salon du Cheval de Paris — continue de porter l’ambition de ses fondateurs. Ces dernières années, il partage même son écrin entre Paris et Doha, signe de cette internationalisation qu’il a lui-même contribué à susciter.
Son histoire appartient à tous ceux qui l’ont imaginé, développé et transmis. Parmi eux, Christianne Chazel occupe une place singulière : celle d’une femme qui accompagne, avec compétence et discrétion, l’histoire du cheval arabe depuis plusieurs décennies.
Passionnée de chevaux arabes, Christianne Chazel est juge international ECAHO de catégorie A et organisatrice de shows internationaux, du Championnat du Monde au grand concours de la Riviera — longtemps tenu à Menton, aujourd’hui à Cannes. Rattachée à l’ACA — l’Association nationale française du cheval arabe pur-sang et demi-sang —, qu’elle a présidée, elle accompagne depuis plusieurs décennies la vie de la filière, de la sélection des juges aux mille détails de l’organisation. Témoin attentive autant qu’actrice engagée, elle en suit toujours l’évolution.
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Laurence Boccard dirige la rédaction d'ABC du Cheval, qu'elle a repris en 2016. Formée à l'anthropologie sous la direction de François Laplantine, elle regarde le cheval comme un objet total : biologique, technique, culturel, intime. Longtemps au contact du monde équestre, de la presse à l'organisation de grands rendez-vous internationaux (avec un faible assumé pour le pur-sang arabe), elle souhaite faire de ce site un média qui explore le cheval sous tous ses angles, sans œillères, et avec une seule ligne rouge : le bien-être de l'animal.






