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La mort du petit cheval

La mort du petit cheval

Même s’il est dans l’ordre des choses de voir disparaître son cheval, celui-ci ayant une espérance de vie inférieure à la nôtre, cela reste une épreuve que tout propriétaire redoute.

Car cela est souvent soudain et quelque fois violent.

J’ai perdu mon cheval Badr, dimanche 20 Septembre 2015, d’une colique survenue jeudi après-midi.

Ah ces coliques…

Le terme de «coliques » signifie, chez le cheval « douleur abdominale » qu’elle qu’en soit l’origine.

D’un point de vue statistique, on peut considérer que la quasi-totalité des coliques sont d’origine digestive : intestinale ou gastrique.

« Les principales causes de mortalité du cheval sont representées par les coliques (7,7 pour 1000 chevaux et par an), suivies par les fractures (3,1 pour 1000 chevaux et par an). » (Epidémiologie descriptive des causes de la mort chez le cheval: résultats d’une enquête effectuée auprès de vétérinaires praticiens francophones – LEBLOND A., LEBLOND L., SABATIER P., SASCO A. J.)

Pourtant détectée assez tôt, suivie et opérée, cette seule et unique colique de sa vie aura été fatale.

La gestion de la douleur

C’était la première fois que je voyais mon cheval souffrir comme ça. Il se jetait par terre et nous avons été obligé d’être plusieurs pour le marcher pour l’empêcher de s’arrêter. Après la venue du vétérinaire et deux piqûres de Calmagyne, il était épuisé, se couchait et dormait puis se relevait, marchait pour faire passer qq crottins très douloureux.

Il avait même des larmes… Est-ce que c’était des larmes de douleurs ou les yeux qui pleuraient à cause du sable qu’il avait pu s’y mettre en se roulant ? en tout cas l’effet était vraiment curieux et encore plus perturbant.

Ce qui est terrible c’est de se sentir impuissant : il souffre et on ne peut pas faire grand chose… Comment le réconforter ? lui parler ? marcher ? même en ayant une très bonne connexion avec son cheval, il est bien difficile de savoir comment réduire cette foutue douleur… A part avec les calmants bien sûr…

La fatigue

Alors on marche, on surveille… Puis on rappelle le véto pour l’emmener à la clinique… Il est 2h du matin…

Toute la nuit, on reste debout à regarder les vétos s’affairer et diagnostiquer, puis décider de l’opération.

Curieusement je n’ai pas ressenti de fatigue de toute la nuit. C’est plutôt le lendemain. Fatigue nerveuse et fatigue physique. Mais l’opération s’est bien passée et les nouvelles sont bonnes. D’après le chirurgien, le post-op est très bon et ils vont même le réalimenter le sur-lendemain. La grosse frayeur semble être derrière nous.

Je reprends espoir, je pense déjà à le ramener, à modifier peut être son alimentation pour faciliter le transit et éviter d’autres épisodes de coliques. Je me reprojette avec lui.

La perte

Même après une opération qui semblait avoir réussi, Badr ne s’est pas remis. La violence de la nouvelle a été d’autant plus grande que la veille on m’annonçait qu’il était tellement bien qu’ils allaient le réalimenter ! J’avais vite balayé mes pires craintes pour me raccrocher à cette bonne nouvelle. Et là, on m’appelait pour que je prenne la décision de l’endormir ou de le laisser souffrir… La décision n’a pas été difficile à prendre pour moi. Il est hors de question que Badr souffre, qu’on s’acharne et qu’on le sédate toutes les demi-heures juste parce que je ne suis pas capable d’assumer. Alors je prends la décision, froidement. Tristement.

Je ne suis vraiment pas quelqu’un qui tombe dans la sensiblerie. Mon entourage a même plutôt tendance à me trouver dure. Mais la violence de la nouvelle et le yo-yo émotionnel qui s’est passé, m’ont anéantie.

La perte d’un cheval est vraiment une chose incomparable. Cela reste, à mon sens, bien différent (et heureusement) de la perte d’un enfant ou d’un membre de sa famille, mais c’est tout de même plus compliqué à gérer que la perte d’un de nos animaux de compagnie. Du moins est-ce comme ça que je l’ai vécu.

En perdant Badr, j’avais perdu mon meilleur ami. Nos nous voyions tous les jours ou presque, nous parcourions des kilomètres ensemble, nous avons fait le tour de France (et même de Tunisie), nous avons essayé tout ce que nous pouvions essayer, pour trouver ce qui l’amuserait le plus. L’endurance nous a rapproché car nous avons été ensemble dans l’effort, repoussant les limites ensemble.

Et après

La tristesse ne s’efface pas. Elle ne diminue pas. Mais après un peu de temps les larmes ne coulent plus.

Et surtout, il y a deux façons de voir les choses : mesurer la perte ou se rappeler de tous les bons moments. C’est comme cela que j’envisage les choses. J’ai eu la chance et l’honneur qu’il me choisisse pour partager avec lui ces aventures et passer 6 ans de sa vie.

Mais revenir au centre équestre a néanmoins été une épreuve : surtout quand j’ai voulu me remettre à cheval… Cela n’avait plus aucun sens. Alors que faire ? arrêter et pleurer mon cheval ? ou rebondir et choisir d’avancer ?

Et vous ? quelle est votre histoire ? qu’avez vous fait après ?

About The Author

Claire

Claire est la créatrice du blog de l’ABC du Cheval et de l’environnement de formation en ligne.
Propriétaire de plusieurs chevaux, Claire s’est découvert cette passion en accompagnant ses enfants au centre équestre…
Depuis, elle vous livre toutes ses découvertes ! aussi bien les bonnes que les mauvaises !

12 Comments

  1. Decroix Eugénie

    Je n’ai pas encore eu à passer cette épreuve mais je la redoute comme tout propriétaire. Je te souhaite beaucoup de courage. La peine ne s’efface pas mais elle s’atténue avec le temps, et on apprend à vivre avec. Tu finiras sûrement par rencontrer un nouveau compagnon qui te redonneras gout à l’equitation. Grosses pensées à toi!

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    • Claire

      Merci Eugénie 🙂

      Réponse
  2. Sophie

    Voilà un article comme on n’aime pas en lire. J’ai pleuré. Je me suis projetée. Bon courage. Comme tous les deuils, je pense qu’il faudra du temps. De tout coeur avec toi.

    Réponse
    • Claire

      Merci Sophie. Désolée de t’avoir fait pleurer… Mais ce blog est aussi un partage de toutes nos expériences, les meilleures comme les moins bonnes…

      Réponse
  3. Zmu38

    mon dieu pour l’instant je suis encore (je l’espère) loin de tout ça vu que mon Gros n’a que 12 ans, mais qu’est ce que je redoute ! et ma grande question est pour l’après : tout arrêter ou recommencer avec un nouveau ? je ne sais pas si j’aurai le courage et même l’envie mais je pense que ce sera surtout ma situation familiale et financière à ce moment là qui choisiront pour moi ….
    je te souhaite beaucoup de courage :/

    Réponse
  4. Clemence et Madere

    J’ai malheureusement bien connu la difficile épreuve de la chirurgie de colique… trois fois (sept 2007, avril 2009 et oct 2011)… et avec le même cheval !
    Mais dans ce malheur, nous avons eu une chance époustouflante… Il s’en est remit !!! C’est un véritable guerrier doté d’un tempérament extraordinaire !!!
    Je ne l’ai jamais laché, tout les soirs j’allais le voir à la clinique, même si j’avais 2h A/R de route pour y aller.
    Les vétos m’ont dit qu’il avait un mental hors norme et que tout les soirs, il m’attendait et me recevait avec un festival d’hennissements !!!
    Il a fait trois entrapments, les vétos m’ont conseillé de faire une 4ème opération pour la fermeture néphrosplénique (cad de coudre le rein et la rate) car il était sur qu’il referai un autre entrapment d’ici quelque temps… Donc ça été fait !!!
    Nous avons eu beaucoup de chance, il travaille quasi comme avant, toujours de bonne humeur et volontaire, ses cicatrices ne se voient pas, on croirait qu’il n’a jamais rien eu !!!
    J’ai un cas exceptionnel et j’en ai bien conscience mais il ne doit pas être unique et du coup ça peu donner une petite pointe d’espoir aussi.
    Je n’imagine même pas ce que tu as ressenti car rien que de le savoir en salle d’op j’en était malade…
    En tout cas bon courage pour la suite… et à bientôt.

    Réponse
  5. Taine

    Je pense à toi, à vous, à tous les bons moments passés ensemble…. Je suis si triste je l’aimais bien ce petit cheval atypique ….. Je suis sûre qu’il veille sur toi de là où il est ….

    Réponse
    • Claire

      merci manue 🙂 on aurait dû se retrouver ce week-end… ;(

      Réponse
  6. Géraldine

    Claire, je n’ai moi même pas vécu la perte d’un cheval.
    C’est quelque chose que je redoute…. perdre mon cheval ou mon ane! Malheureusement cela fait partie de la vie.
    Une chose est certaine c’est que je souhaite partir la dernière comme cela je serai là pour eux jusqu’à la fin.
    Je te souhaite du courage.

    Réponse
  7. Chris

    Coucou. De tout coeur avec toi!! J’ai perdu 2 de mes compagnons de route cette année alors je sais ce que tu traverses… Mon vieux papy m’a quittée en février et mon loulou d’amour est parti il y a 2 semaines

    Réponse
  8. Manon

    Bonsoir, j’ai connue l’epreuvre la plus difficile de ma vie le 26/03/2014.
    Bingo est arrivé chez moi lors de mon 6 eme Noël.
    Il a partagé 15 ans de ma vie, les quinze plus belles années de mon existance, jusqu’à ce jour ou tout a basculé.
    Bingo c’est fracturé le tibia et cassé l’articulation du genou ( sûrement du a un coup de pieds d’une de mes deux juments)
    Le verdict du vétérinaire était évidant, il fallait l’endormir.
    Je vous raconte pas le cochemare lorsque vous entendez ces mots sortir de la bouche de votre vétérinaire.
    Mais j’ai pas voulu y croire, j’avais de l’espoir, malgré tout, bingo qui est alors âgé de 30 ans, le supportait bien ( il avait mal mais ne souffrait pas) il avait envie de se battre.
    J’ai réussis a lui prolonger sa vie de 2 mois, parce qu’il en avait envie. ( les dernière semaines il recommençait à marcher et trottait même un petit peu, il avais une joie de vivre ! )
    Biensur il était sous médicaments, plante médicinal etc etc …
    Jusqu’à ce jour ou bingo c’est couché, de fatigue, c est à ce moment la que j’ai compris, il m’a fait comprendre qu’il n’avait plus envie, qu’il était fatigué…
    Le vétérinaire est arrivé, en me disant qu’il ne souffrait pas mais qu’il était très fatigué, il m’a même proposé de le relèvé manuellement et biensure j’ai refusé.
    C’était le moment, bingo me le faisait comprendre. Nous l’avons donc endormi dans mes bras et tout c’est très bien passé et comme tu as cité dans ton article, mon cheval a lui aussi versé une larme lors de son dernier souffle. C’est une image qui restera gravé dans ma mémoire. C’était le cheval de ma vie et il me manque terriblement. Il n’y a pas un jour ou je ne pense pas a lui.
    J’ai donc décidée d’arrêter de côtoyer les chevaux, je voulais plus en entendre parler jusqu’à ce jour ou j’ai croisé le chemin de mon poulain par hasard en septembre 2014, ça a été une évidence. Je peut vraiment dire que c’est lui qui m’a aider à faire mon deuil. C’est lui qui m’a redonné goût aux chevaux.
    Dans le fond, il ressemble tellement à bingo, comme si il fesait partit de lui…
    Je pense qu’on ne renonce jamais aux chevaux.
    Courage, je suis sûre que quelque part un cheval t’attend pour continuer ton histoire par un nouveau départ.

    Réponse
  9. delphine

    je ne suis pas encore passer par cette etape mais le jours ou ma jument a eu un debut de colique c’est ce dont je redouter le plus :/

    Réponse

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